Le 13 Octobre 2022, des acteurs du secteur Eau, Hygiène et Assainissement se sont réunis en table ronde à l’hôtel Onomo pour formuler leur cris de cœur contre le manque criard de financement dont souffre la filière Boue de Vidange au Mali. C’était à travers un atelier initié par la Coalition Nationale – Campagne Internationale pour Eau, Hygiène et Assainissement (CN-CIEPA), en partenariat avec WaterAid. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Nouhoum Dembélé, représentant du Ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable.
A l’instar des autres pays africains, le Mali s’est engagé dans le cadre de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) en matière de l’eau et l’assainissement. La cible 6.2 vise à assurer d’ici 2030 l’accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats et à mettre fin à la défécation à l’air libre, en accordant une attention particulière aux besoins des femmes et des filles, ainsi que des personnes en situation de vulnérabilité.
Cette volonté politique a été réaffirmée par le gouvernement à travers le CREDD « 2019-2023 » qui fait de l’eau et de l’assainissement la dixième priorité du pays. Les réformes engagées au niveau national en matière de relecture des politiques nationales de l’assainissement et de l’environnement, l’adhésion du Mali à l’Assainissement en Afrique (AfricaSan), ainsi qu’à l’initiative Assainissement et l’Eau pour tous (SWA) attestent des efforts entrepris par les pouvoirs publics et les autres acteurs du secteur en vue de la promotion du sous-secteur assainissement.
Malgré tous ces engagements et les nombreux défis à relever, le financement de la filière Boue de vidange au Mali connaît une énorme difficulté. Selon Dounantié Dao, président de la CN-CIEPA WASH, ce grand manque du financement du sous-secteur assainissement est une situation qui interpelle tout le monde. « Dans un contexte particulier du Mali marqué par la crise sécuritaire, sanitaire où les bailleurs de fonds commencent à se retirer du financement du secteur Eau et assainissement, nous faisons face à des besoins de plus en plus immenses. Et ce manque de financement du sous-secteur nous interpelle tous », souligne-t-il.
Pour lui, la réalisation d’infrastructures capables de répondre aux besoins de la filière Boue de vidange au Mali est une urgence absolue. « Encore à Bamako, dans la capitale, nous sommes obligés de déverser des déchets à l’air libre que j’appelle de la défécation à l’air libre et en déféré. Cela n’est pas normal. Voilà pourquoi, je dis à l’État qu’il doit mieux faire et aux partenaires, qu’ils peuvent mieux faire », a-t-il ajouté.
De son côté, le représentant du directeur pays de WaterAid, M. Alassane Maïga, estime que la question nécessite une grande mobilisation de tous. « Le besoin se fait sentir de plus en plus partout dans le pays, alors que Bamako même n’est pas satisfait », s’est-il inquiété.
Il faut noter que, selon le rapport de JMP (Joint Monitoring Programme) 2021, le taux d’accès à l’assainissement de base est de 45 %. Ce taux est reparti comme suit : 56 % en milieu urbain et 37 % en milieu rural.
Amadou Kodio / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 17/10/2022 by Ousmane BALLO

