Comment le gouverneur de Kayes a été filé à ses assaillants

Le chef de l’administration en première région du Mali est sortie d’entre les pattes de l’éléphant, la semaine, ou presque. En partance pour Bamako, en effet, son convoi a été la cible d’éléments non identifiés lourdement armés, à une vingtaine de kilomètres environ non loin de Diéma. C’était à la suite d’une embuscade sanglante ayant occasionné des tirs nourris entre assaillants et garde rapprochée de Monsieur Moussa Soumaré, finalement extrait du guet-à-pen au prix de plusieurs blessés dans sa délégation. Certaines sources non confirmées parlent même de trois morts parmi les éléments réguliers probablement une évolution du bilan parmi les blessés. Le Gouverneur Soumaré a visiblement été contraint de braver ce péril de la route Kayes-Bamako à cause des perturbations survenues dans la périodicité des vols de la compagnie Sky-Mali durant toute la semaine dernière. Mais la bravade aura été surtout poussée à l’extrême avec l’outrecuidance  d’ébruiter publiquement le déplacement du chef de l’exécutif régional. Son voyage a été en effet divulgué dans l’enceinte de la Mairie, la veille, lors d’une cérémonie publique qu’il avait présidée avant de prendre la route le lendemain. Nombre d’observateurs sont ainsi convaincus que c’est de là que son convoi a été filé aux assaillants. De quoi donner des idées aux acteurs régionaux du transport, qui ont l’intention de pousser la prudence au point d’instaurer une interdiction totale de l’usage du téléphone durant les voyages sur la route Kayes-Bamako.

Plus de 14 morts dans 5 villages de Tominian abandonnés aux djihadistes

Le rouleau compresseur de la terreur djihadiste gagne du terrain en grappillant irrésistiblement de nouvelles emprises. Après le septentrion où les populations fuient par milliers vers les localités relativement mieux sécurisées, le phénomène s’étend peu à peu à la partie sud du pays avec des événements qui passent souvent sous le boisseau. C’est le cas d’un drame survenu, la semaine dernière, dans le Cercle de Tominian où le chef d’un village dénommé Koundeha, non loin de Yaré Daga, a été cruellement arraché à l’affection des siens lors d’affrontements sanglants entre les populations locales et les assaillants. Des témoins rescapés affirment que le chef coutumier a été froidement ciblé lors de l’expédition meurtrière ayant entraîné par ailleurs un déplacement massif et en ordre dispersé des habitants d’au moins 5 villages. Nos sources indiquent, en effet, que plus de la moitié du contenu de chaque localité a trouvé refuge à Lanfiala, abandonnant leur terroir et leurs biens à la vague terroriste.
Il nous a été rapporté en outre que les alertes et cris de détresse étaient pourtant parvenus aux autorités militaires à travers qui de droit sans que les secours militaires attendus n’interviennent jusqu’au moment où nous mettions sous presse. Les autorités se sont toutefois contentées d’assurer l’évacuation de plusieurs blessés vers Sevaré pour une prise en charge plus adéquate.

L’aristocratie militaire en plein essor au Mali

Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Et ça n’est pas le grand vacarme sur le Mali Koura qui fera déroger à une tradition aussi vieille que Mathusalem dans l’armée malienne : celle qui consiste à réserver l’élite militaire à des familles triées sur le volet. Les résultats du dernier concours d’accès au prytanée militaire n’en est qu’une preuve parmi tant d’autres révélatrices des affinités parentales qui pullulent dans les compartiments des FAMa. Il s’agit de véritables arbres généalogiques d’une aristocratie enraciné depuis la Deuxième République et dont les étendards se déploient de plus en plus ostensiblement dans le système. Qu’ils s’agisse du prytanée ou de l’EMIA qui en est un débouché quasi certain, pères et oncles hauts gradés se démènent et ne ménagent aucun effort pour tendre la perche aux fils et aux neveux et leur assurer une promotion certaine dans les rangs. Il en résulte, comme il est loisible de le comprendre, la convergence de nombreux membres d’une même famille dans l’armée, lesquels bénéficient souvent des mêmes faveurs et complaisances dans les déploiements au front.

Source : Le Témoin

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