Désobéissance civile à Bankass : les forces vives en colère

Pour protester contre l’attaque terroriste ayant fait près de 132 morts parmi les civils à Bankass au centre du pays, les forces de Bandiagara, composées d’élus, de leaders communautaires et de la société civile, ont entamé, hier mardi 21 juin 2022, une “désobéissance civile”. Les services étatiques et non étatiques sont fermés jusqu’à nouvel ordre.

Cette désobéissance civile  court jusqu’à nouvel ordre. Elle est entamée conformément à l’article 121 de la constitution du 25 février 1992. En effet, une attaque terroriste perpétrée par la ”Katiba du Macina”, dans la nuit du 18 au 19 juin, contre les paisibles populations des villages de Diallassagou, Dianweli, Deguessagou et environs, dans le cercle de Bankass, a fait 132 morts parmi les civils.

Dans leur communiqué publié lundi, les organisateurs de la “désobéissance civile” lient cette action à l’indifférence des autorités malgré les différentes rencontres tenues et les missions effectuées auprès des plus hautes autorités du Mali, pour demander la sécurisation des personnes et de leurs biens.  « Seuls les centres de santé, les commerces et les ambulances restent fonctionnels », précise le communiqué.

De son côté, le gouvernement a rassuré que toutes les dispositions seront prises pour rechercher et traduire les auteurs de ces crimes devant la justice, affirmant du même coup que la protection des personnes et de leurs biens demeure “sa priorité absolue”.

Pour rappel, les forces vives de la région de Bandiagara avaient entamé, en décembre 2021, une “désobéissance civile” en procédant à la fermeture des services étatiques et les structures de l’éducation sur toute l’étendue de la région, pour protester contre l’attaque terroriste des forains de Songho, dans le cercle de Bankass ayant fait 31 morts et 17 blessés, dont une majorité de femmes et d’enfants en partance à la foire hebdomadaire de Bandiagara. Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, on pouvait voir la colère et le mécontentement sur les visages des personnes qui s’exprimaient, réclamant de la part du gouvernement malien plus de sécurité afin que les habitants de ces localités puissent vaquer librement à leurs occupations sans craindre pour leur vie.

Depuis le basculement de ce pays sahélien dans l’insécurité depuis 2012, des centaines voire des milliers de civiles ont perdu la vie , dû aux attaques des groupes armés terroristes qui sévissent dans la région. En dépit du déploiement de forces régionales et internationales, la situation ne s’est toujours pas stabilisée. Ce vaste pays de plus de 1 millions de Km² est difficilement couvert par les forces armées maliennes qui avaient brandi récemment des victoires retentissantes contre les GAT.

ASK

Source : Le Soft

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