Choguel Maiga en deçà de la cohésion nationale

En l’espace de deux semaines le Premier ministre Choguel Maiga se sera illustré par une bougeotte qui jure manifestement avec son statut de Premier ministre cloué au sol par les sanctions internationales. Par-delà les déplacements plus ou moins utiles, il y a aussi la volonté délibérée de fuir sa propre ombre. En cause, le mois de Mars, ses symboles et ses martyrs avec lesquels le Premier ministre malien refuse manifestement de communier. Invités par les organisateurs de la semaine des martyrs pour le dépôt de gerbe traditionnel au monument Abdoul Karim Camara «Cabral », l’héritier de Moussa Traoré, bourreau du leader estudiantin, s’était donné les moyens d’une dérobade spectaculaire en se retrouvant à l’intérieur du pays à la date indiquée. Le président du MPR n’était pas moins attendu au traditionnel rendez-vous du 26 Mars, une date historique qu’il avait récemment banalisée et désacralisée en niant la réalité des victimes pour lesquels les commémorations annuelles sont dédiées. Pour ne pas être pris en défaut d’incohérence entre ses affirmations négationnistes et son acte, l’héritier de Général Moussa Traoré a choisi, là également, de se réfugier dans l’effacement et l’absentéisme. Il a préféré se retrouver au Qatar pour fuir l’œil de Caen qui l’accompagne et éviter d’affronter l’impossibilité d’arrimer ses convictions profondes à ses obligations régaliennes ainsi qu’au devoir de reconnaissance de l’Etat envers les martyrs ignorés par le PM.  Les instants solennels de la journée commémorative du 26 Mars se sont ainsi déroulées sans le chef du Gouvernement dont les motivations d’absence n’ont probablement pas échappé au président de la Transition. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle Assimi Goita en a rajouté à la portée symbolique de l’événement en l’inscrivant dans le cadre de la cohésion et de l’unité nationales. En passant par des subterfuges pour se mettre en marge de la communion du peuple, le Premier ministre aura raté l’occasion de se hisser à la hauteur de la dynamique unitaire insuffler par le chef de l’Etat.

Source : Le Témoin