Mali : célébration du 44e anniversaire de la mort de l’ancien président, Modibo KEITA

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16 mai 1977-16 mai 2021, il y a 44 ans que disparaissait le premier président du Mali indépendant, Modibo KEITA. A la faveur de ce 44e anniversaire, le ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, à travers le Mémorial Modibo KEITA (MMK), a organisé une conférence-débat qui avait pour thème : «Modibo KEITA, la politique culturelle de la première République », au Mémorial qui porte le nom de l’illustre disparu.

Cette conférence-débat était animée par trois conférenciers, à savoir : l’ancien ministre de la culture, Diadié DAGNOKO ; l’ancien directeur du MMK, Modibo DIALLO et Abdoulaye Tessigué SANOGO, journaliste (ORTM).

La modération était assurée par Daouda TEKETE, auteur du livre ‘’Modibo KEITA – Portrait inédit du président’’; en présence du secrétaire général du ministère de la Culture, Hamane CISSE ; de Moussa TRAORE, directeur du Mémorial Modibo KEITA, et une foule nombreuse d’étudiants.

De cette rencontre, il ressort qu’au moment de l’indépendance, la mise en place de l’État était un véritable défi pour les nouveaux pays africains. Ainsi, les dirigeants postcoloniaux du Mali ont adopté diverses stratégies pour mettre en place l’État-nation. Au Mali, ce processus s’effectue sous la gouvernance du Parti unique de l’Union Soudanaise-Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA), mené par le père de l’indépendance, Modibo KEITA.

La politique culturelle de l’US-RDA illustre le rôle de la culture dans la mise en place de l’État, mais également de la nation malienne. Ainsi, la politique culturelle vise à réaffirmer la personnalité africaine en revalorisant la culture traditionnelle pour ultimement créer la nation malienne.

Selon l’ancien ministre Diadié DAGNOKO, la commémoration du 44e anniversaire de la disparition du 1er président du Mali nous offre l’opportunité de revisiter l’expérience culturelle de la 1ère république. Une expérience, dit-il, riche à tous les égards qui a permis les fondements sur lesquels le jeune Etat naissant s’est élevé. Pour lui, la culture est le socle fondamental sur lequel s’est bâti le Mali indépendant pour unir la nation malienne.

De ses explications, il ressort que les dirigeants de l’époque ont très vite compris tout le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de la mise en œuvre d’une politique culturelle puisant ses éléments dans le terreau de la culture populaire. Et insufflant dans la jeune république le dynamisme qu’il faut, pour non seulement, sur le plan national, édifier les bases d’un développement social durable, mais surtout, contribuer au rayonnement du Mali sur le plan international.

Pour ce faire, un ensemble de stratégies a été mis en œuvre pour atteindre le but à travers une vision holistique globale combinant le sport, les arts, la culture, la jeunesse.

Il s’agit, à travers cette politique, d’enclencher un processus de formation et d’apprentissage qui permettent de déboucher sur la construction de l’homme malien nouveau.

De son côté, Abdoulaye Tessigué SANOGO a axé son intervention sur les leçons que nous pouvons tirer de cette politique culturelle du 1er régime.

Il souligne que de l’indépendance à nos jours, la politique culturelle se caractérise par 3 orientations majeures, à savoir : la préservation de l’identité culturelle nationale, la promotion du dialogue des cultures dans le contexte de la diversité des expressions culturelles du Mali et enfin la promotion du patrimoine culturel au plan national et mondial.

Pour lui, la grande manifestation de la politique culturelle de Modibo KEITA est la Semaine de la Jeunesse. Cette manifestation annuelle permet de rassembler les jeunes des différentes contrées du pays pour leur faire partager une expérience commune. C’est également un haut lieu de diffusion de la culture.

Au total, il a identifié 7 outils autour desquels s’article cette politique de l’ancien président. Il s’agit de la semaine culturelle nationale de la jeunesse ; le mouvement pionnier ; la réforme de l’éducation de 19662 ; le cinéma ; la photographie ; les rencontres internationales ; la radio.

Selon lui, Modibo avait compris que c’est la culture qui allait permettre au Mali de retrouver sa place dans le concert des nations. «La culture est au début et à la fin de toute politique », a-t-il insisté.

Au regard de tout ce qui précède, les différents intervenants ont fustigé le fait que le ministère de la Culture soit le département le moins doté du Gouvernement avec souvent moins de 5% du budget national.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 17/05/2021 by Ousmane BALLO