PRUBA : La lutte contre l’insalubrité…

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La Direction des Services urbains de voirie et d’assainissement (DSUVA) dispose désormais de nouveaux équipements d’une valeur de 2,28 milliards de FCFA. Remis le 20 octobre 2026 dans le cadre du Projet de Résilience Urbaine de Bamako (PRUBA), avec l’appui de la Banque mondiale, ce matériel vise à renforcer les capacités d’intervention des services chargés de la propreté de la capitale. Mais au-delà de cet investissement, le défi reste celui d’une gestion durable des déchets et d’une mobilisation efficace de l’ensemble des acteurs.

À Bamako, la lutte contre l’insalubrité demeure un défi majeur pour les autorités publiques. L’accumulation des déchets dans plusieurs espaces urbains rappelle régulièrement l’ampleur des besoins en matière de collecte, de transport et de traitement des ordures. Dans ce contexte, le renforcement des moyens opérationnels des services d’assainissement apparaît comme un levier important pour améliorer le cadre de vie des populations.

La remise de matériel d’une valeur de 2 282 619 230 FCFA à la DSUVA s’inscrit dans cette dynamique. Cette dotation a été rendue possible grâce à l’appui de la Banque mondiale, à travers le PRUBA, à la suite d’une sollicitation du Gouvernement malien pour accompagner les efforts engagés contre l’insalubrité dans la capitale.

Le lot comprend notamment des camions de collecte, des bennes, des bennes tasseuses, des engins de travaux publics et divers équipements destinés à faciliter les interventions sur le terrain.

L’objectif est de permettre aux équipes de disposer de moyens plus adaptés pour assurer l’enlèvement des déchets et répondre aux besoins croissants des populations. Dans une ville confrontée à des difficultés persistantes de gestion des ordures, l’amélioration des capacités logistiques constitue un préalable important à toute politique d’assainissement plus efficace.

L’acquisition de nouveaux matériels représente une avancée significative. Toutefois, l’expérience des politiques d’assainissement montre que la disponibilité des équipements ne suffit pas, à elle seule, à garantir des résultats durables.

L’efficacité de cet investissement dépendra notamment de la capacité de la DSUVA à organiser les circuits de collecte, à planifier les interventions dans les quartiers, à assurer l’entretien des engins et à maintenir les équipements en état de fonctionnement. La disponibilité du carburant, la mobilisation du personnel et la coordination avec les collectivités territoriales constituent également des facteurs déterminants.

Autrement dit, la performance de cette dotation se mesurera moins à la quantité de matériel réceptionné qu’à son utilisation effective sur le terrain. Les populations attendent avant tout une amélioration visible de la propreté des rues, des marchés, des espaces publics et des quartiers.

La question de la maintenance mérite également une attention particulière. Sans dispositif d’entretien régulier, les équipements peuvent progressivement perdre leur efficacité, réduisant ainsi la portée de l’investissement consenti. La pérennité des résultats suppose donc une gestion rigoureuse du parc matériel et un suivi des opérations de collecte.

Une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens

La cérémonie de remise, organisée dans la cour de la DSUVA, s’est déroulée en présence du ministre chargé de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population, de la ministre de l’Environnement et du Développement durable, ainsi que du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du Gouvernement, le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly.

À cette occasion, le porte-parole du Gouvernement a insisté sur le lien entre l’amélioration du cadre de vie et le renforcement des capacités des structures opérationnelles. Il a également assuré qu’une utilisation optimale serait faite des équipements afin de préserver la propreté des villes.

Cette orientation souligne la volonté des autorités de renforcer les moyens d’action des services de terrain. Elle pose toutefois une question essentielle : comment transformer cet effort matériel en amélioration durable des conditions de vie dans les quartiers de Bamako ?

La réponse passe aussi par une meilleure articulation entre les services techniques, les collectivités territoriales et les populations. Les opérations de collecte doivent être accompagnées d’une sensibilisation aux comportements responsables, d’un respect des dispositifs de dépôt des déchets et d’une lutte contre les pratiques qui contribuent à l’insalubrité.

Les équipements peuvent faciliter le travail des services publics, mais ils ne peuvent, à eux seuls, empêcher les dépôts anarchiques ni garantir le respect des règles d’hygiène collective.

L’intervention de la Banque mondiale à travers le PRUBA illustre l’importance des partenariats dans le renforcement des capacités urbaines. Face à la pression exercée sur les infrastructures et les services publics par les besoins d’une capitale en pleine activité, de tels investissements peuvent contribuer à améliorer la réponse des autorités.

Pour autant, leur impact dépendra de la continuité des actions engagées et de la capacité des institutions concernées à inscrire les moyens reçus dans une stratégie cohérente de gestion des déchets.

Cela implique notamment de suivre les performances des opérations de collecte, d’identifier les zones les moins bien desservies et de veiller à ce que les équipements bénéficient effectivement aux populations qui en ont le plus besoin.

L’enjeu est donc double : répondre aux urgences liées à l’insalubrité et construire progressivement un système d’assainissement plus organisé, plus régulier et plus durable.

Avec cette dotation de plus de 2,28 milliards de FCFA, la DSUVA bénéficie d’un renforcement matériel susceptible d’améliorer ses capacités d’intervention. Le Gouvernement dispose ainsi d’un levier supplémentaire pour intensifier la lutte contre l’insalubrité à Bamako.

Mais le véritable bilan de cet investissement se dessinera dans les mois à venir, à travers la régularité de la collecte, la réduction des dépôts sauvages et l’amélioration observable de la propreté des espaces publics.

Au-delà des moyens financiers et logistiques, l’assainissement reste une politique de proximité qui exige de la planification, de la rigueur dans la gestion et l’implication des citoyens.

À Bamako, le défi ne consiste donc pas seulement à disposer de davantage d’équipements, mais à faire en sorte que chaque camion, chaque benne et chaque engin contribue concrètement à une ville plus propre et à un cadre de vie plus sain.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

Last Updated on 29/10/2026 by Ousmane BALLO

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