Assimi Goïta à Moscou : le Mali explore de nouvelles pistes de coopération

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Le Président de la Transition malienne, le Général d’armée Assimi Goïta, a participé, mercredi 28 octobre 2026, à l’ouverture du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, à Moscou. Cette rencontre de haut niveau vise à donner une nouvelle impulsion aux relations entre la Russie et les pays africains, en mettant l’accent sur les investissements, le transfert de technologies, l’industrialisation et le développement du capital humain.

Le Centre d’exposition Gostiny Dvor, à Moscou, a accueilli l’ouverture du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. La cérémonie a été coprésidée par le Président russe, Vladimir Poutine, et le Président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye. Le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition du Mali, était parmi les participants.

Placée sous le thème de la coopération au service d’un développement souverain, cette rencontre cherche à renforcer les relations économiques et humanitaires entre Moscou et les capitales africaines, dans un contexte international marqué par des recompositions géopolitiques et de nouveaux défis économiques.

L’ambition affichée est de promouvoir des partenariats fondés sur le respect mutuel, la confiance et la convergence des intérêts, tout en favorisant des retombées concrètes pour les économies et les populations africaines.

À l’ouverture des travaux, Vladimir Poutine a réaffirmé la volonté de la Russie d’approfondir sa coopération avec les pays africains dans plusieurs secteurs stratégiques. L’énergie, l’agriculture, l’industrie, les transports, les technologies numériques, l’intelligence artificielle et la recherche scientifique figurent notamment parmi les domaines ciblés.

Le Président russe a également insisté sur la dimension humanitaire de ce partenariat, particulièrement dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de la culture et de la formation des jeunes.

Pour Moscou, l’enjeu consiste désormais à transformer les relations politiques en projets économiques concrets, à travers des accords de coopération, des partenariats commerciaux et des contrats susceptibles de soutenir durablement le développement du continent.

Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique illustrent, selon les chiffres avancés par Vladimir Poutine, la progression de cette relation. Leur volume aurait dépassé 27 milliards de dollars en 2025, contre 18 milliards en 2022. Le dirigeant russe a exprimé l’ambition de porter ce montant à plus de 50 milliards de dollars.

Pour atteindre cet objectif, il a notamment plaidé en faveur d’investissements conjoints, du développement des infrastructures et du renforcement des mécanismes de coopération financière.

La Russie a par ailleurs réaffirmé sa disponibilité à partager son expertise avec ses partenaires africains dans des domaines tels que la transformation numérique, la sécurité alimentaire, l’énergie et la gestion des ressources en eau.

L’Union africaine plaide pour une coopération plus équilibrée

Prenant la parole au nom de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye a appelé à bâtir un partenariat davantage orienté vers les priorités de développement du continent et les aspirations de ses populations.

Face aux défis économiques, financiers, humanitaires et environnementaux, le Président burundais a souligné la nécessité de renforcer les solidarités et les complémentarités entre les nations. Selon cette approche, la coopération internationale doit permettre à l’Afrique de participer pleinement à la création de richesses et à la transformation de ses économies.

Le dirigeant a notamment insisté sur les limites d’un modèle reposant essentiellement sur l’exportation de matières premières. Il a plaidé pour une plus grande transformation locale des ressources naturelles, accompagnée d’un transfert de technologies, du développement des compétences et de la création d’emplois.

Le renforcement des capacités industrielles africaines apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour accroître la valeur ajoutée produite sur le continent et favoriser une croissance plus inclusive.

Ce plaidoyer met en lumière une préoccupation centrale des économies africaines : attirer des investissements tout en veillant à ce que les partenariats contribuent au développement des compétences locales, à l’émergence d’industries nationales et à la création d’opportunités économiques durables.

Le programme du Forum prévoit environ 40 sessions consacrées aux principaux axes de la coopération russo-africaine. Les discussions sont organisées autour de plusieurs grandes thématiques : la souveraineté comme fondement du développement durable, l’économie du développement souverain, la coopération sociale et le capital humain, ainsi que les technologies et les innovations au service de l’amélioration des conditions de vie.

Cette programmation doit permettre aux participants d’examiner les possibilités de collaboration dans des secteurs essentiels à la transformation des économies africaines.

Au-delà des échanges diplomatiques, l’intérêt de ces travaux résidera notamment dans leur capacité à favoriser des initiatives concrètes, à faciliter les contacts entre acteurs économiques et à faire émerger des projets répondant aux besoins des pays participants.

Après la cérémonie d’ouverture, Vladimir Poutine a accompagné les chefs d’État et les délégations lors d’une exposition consacrée aux principaux secteurs de l’économie russe. L’objectif de cette visite était de présenter les domaines où Moscou souhaite partager son expérience et développer des initiatives conjointes avec ses partenaires africains.

Pour le Mali, il s’agit d’opportunités à transformer en projets concrets

La participation du Général d’armée Assimi Goïta à ce Forum reflète la volonté des autorités maliennes de diversifier les partenariats internationaux et d’explorer de nouvelles perspectives de coopération économique.

Pour Bamako, les échanges à Moscou peuvent ouvrir des pistes de collaboration dans plusieurs secteurs productifs, notamment l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, les technologies et la formation.

Toutefois, l’intérêt de ces rencontres se mesurera avant tout par la capacité à transformer les intentions en engagements opérationnels, puis en réalisations bénéfiques pour l’économie nationale.

La mobilisation des financements, l’accès aux technologies, le développement des compétences locales et les retombées sur l’emploi représentent des enjeux déterminants pour le Mali.

Dans cette perspective, la participation malienne au Forum est une occasion d’identifier des possibilités de coopération compatibles avec les priorités nationales, les objectifs de développement et les choix stratégiques du pays.

Le Forum économique et humanitaire Russie‑Afrique témoigne de la volonté affichée par Moscou et ses partenaires africains de renforcer leurs relations dans un environnement international en mutation.

Pour les pays africains, l’enjeu consiste à tirer parti de cette dynamique afin d’accélérer la transformation locale des ressources, de renforcer les capacités industrielles et de développer le capital humain.

Pour le Mali, comme pour les autres pays participants, la portée de cette rencontre dépendra notamment des partenariats effectivement conclus, des investissements mobilisés et des projets mis en œuvre.

Au-delà des déclarations d’intention, la réussite de cette coopération se jugera par ses retombées concrètes sur la production, l’emploi, les compétences et les conditions de vie des populations.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 29/10/2026 by Ousmane BALLO

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