Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a reçu mardi 8 septembre 2026 à Bamako une délégation britannique conduite par Charlotte Pierre, nouvelle Directrice Afrique du Foreign, Commonwealth and Development Office. Les échanges ont porté sur les enjeux sécuritaires au Sahel, la Confédération des États du Sahel (AES) et les perspectives de relance de la coopération économique entre le Mali et le Royaume-Uni.
Les relations entre le Mali et le Royaume-Uni étaient au cœur d’une séance de travail tenue mardi à Bamako entre le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et une délégation britannique conduite par Charlotte Pierre, Directrice Afrique du Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni.
Cette visite revêt une dimension particulière pour la responsable britannique, puisqu’il s’agit de sa première visite au Mali depuis sa prise de fonction en qualité de Directrice Afrique.
Au cours des échanges, les deux parties ont notamment abordé l’évolution de la situation politique et sécuritaire au Mali et dans la sous-région. Le ministre Abdoulaye Diop a présenté la lecture de Bamako sur les dynamiques ayant conduit à la création de la Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Il a également longuement évoqué les défis liés à la progression du terrorisme et aux enjeux géopolitiques qui entourent la lutte contre les groupes criminels dans l’espace sahélien. Dans ce contexte, le chef de la diplomatie malienne a sollicité davantage d’implication du Royaume-Uni, notamment en raison de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
Bamako souhaite notamment voir Londres jouer un rôle plus actif auprès de certains acteurs étatiques étrangers afin de favoriser des comportements jugés « constructifs et responsables » en matière de sécurité collective au Sahel. Le ministre a cité, à ce titre, la question des relations avec l’Ukraine.
Au-delà des questions sécuritaires, la rencontre a également été consacrée aux perspectives de développement de la coopération économique entre les deux pays. Les discussions ont porté sur la nécessité de privilégier des investissements productifs, de stimuler les échanges commerciaux et de multiplier les initiatives susceptibles de rapprocher les opérateurs économiques maliens et britanniques.
Dans cette perspective, Abdoulaye Diop a annoncé la tenue prochaine à Bamako du Forum « Mali-Kura », présenté comme une plateforme destinée à favoriser de nouveaux partenariats économiques.
L’objectif affiché est de mobiliser davantage d’investissements et de développer des partenariats mutuellement bénéfiques, capables de soutenir la croissance et d’accompagner la transformation structurelle de l’économie malienne.
Bamako défend une gouvernance « endogène »
Le ministre malien a également insisté sur l’orientation prise par les autorités nationales en matière de gouvernance et de développement. Selon lui, le Mali entend désormais s’appuyer sur une gouvernance endogène, articulant les impératifs de sécurité avec une vision globale du développement économique.
Cette approche vise, selon la partie malienne, à créer les conditions d’une paix durable et d’une prospérité mieux partagée. Pour Bamako, la stabilisation du pays et le développement économique sont ainsi deux enjeux étroitement liés, qui doivent être traités simultanément.
De son côté, Charlotte Pierre a réaffirmé le soutien et la solidarité du Royaume-Uni à l’égard du Mali. La responsable britannique a également souligné l’importance de maintenir un dialogue franc et direct entre les deux capitales afin de consolider les relations bilatérales.
Londres souhaite ainsi poursuivre le développement de l’axe Bamako-Londres à travers une coopération diversifiée, notamment dans les domaines d’intérêt commun. Cette rencontre traduit la volonté des deux parties de maintenir un canal de dialogue direct, malgré les évolutions du contexte politique et sécuritaire régional.
Entre les préoccupations sécuritaires de Bamako et l’ambition affichée de renforcer les échanges économiques, le Mali et le Royaume-Uni cherchent ainsi à donner un nouvel élan à une coopération appelée à évoluer au regard des nouvelles réalités du Sahel.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 09/09/2026 by Ousmane BALLO
