Les 22 et 23 juillet 2026, le Palais des Pionniers de Bamako accueillera la 14ᵉ édition du Forum des Peuples, organisée par la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali). Placée sous le thème de l’exploitation des ressources naturelles dans un contexte géopolitique, cette rencontre réunira près de 300 participants autour des enjeux de souveraineté économique, de justice climatique, d’agroécologie, de paix et de gouvernance en Afrique.
La capitale malienne s’apprête à accueillir l’un des plus importants cadres d’échanges de la société civile africaine. Les 22 et 23 juillet prochains, la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) organise la 14ᵉ édition du Forum des Peuples, un rendez-vous annuel qui réunira des organisations paysannes, des syndicats, des ONG, des universitaires, des chercheurs, des médias, des organisations de jeunes et de femmes, ainsi que des représentants des autorités publiques.
Cette édition se déroulera autour du thème : « L’exploitation des ressources naturelles dans un contexte de géopolitique : quelles alternatives pour la souveraineté des pays du Sud et du Sahel ? ». Pour les organisateurs, cette réflexion intervient dans un contexte où les richesses naturelles du continent continuent d’alimenter les rivalités géopolitiques, sans toujours profiter aux populations africaines.
Selon la CAD-Mali, l’Afrique demeure l’un des continents les plus riches en ressources minières, agricoles, forestières et énergétiques. Pourtant, cette abondance ne se traduit pas par une amélioration significative des conditions de vie des populations.
Le Forum entend ainsi ouvrir le débat sur les mécanismes permettant aux États africains de mieux maîtriser l’exploitation de leurs ressources, de renforcer leur souveraineté économique et de promouvoir une gouvernance plus équitable au bénéfice des citoyens.
Les discussions porteront notamment sur les impacts de l’endettement, la gouvernance minière, les relations géostratégiques et les politiques économiques internationales.
Climat, sécurité et financement au centre des préoccupations
Les participants analyseront également les conséquences du changement climatique sur les pays du Sahel, particulièrement exposés aux sécheresses, aux inondations, à la désertification et à la raréfaction des ressources naturelles.
Les organisateurs dénoncent notamment le faible niveau des financements climatiques accordés à l’Afrique de l’Ouest, malgré sa forte vulnérabilité aux effets du dérèglement climatique. Ils plaident pour un accès plus équitable aux mécanismes internationaux de financement de l’adaptation et de la résilience.
Les débats aborderont également les interactions entre changement climatique, conflits, déplacements de populations et insécurité dans le Sahel. La promotion de l’agriculture familiale constituera un autre axe majeur du Forum. Les participants échangeront sur la sécurisation du foncier, la préservation des semences paysannes, la transition agroécologique et la souveraineté alimentaire.
Les organisateurs estiment que les exploitations familiales, qui nourrissent une grande partie des populations africaines, doivent bénéficier de politiques publiques adaptées afin de renforcer leur résilience face aux défis climatiques et économiques. La question de l’utilisation croissante des intrants chimiques, de la protection de la biodiversité agricole et de la valorisation des savoir-faire locaux figurera également parmi les sujets de réflexion.
Dette et pratiques néolibérales sous la loupe
Le Forum des Peuples entend également analyser les effets de la dette extérieure sur les économies africaines. Les initiateurs dénoncent des mécanismes financiers qui, selon eux, limitent les capacités d’investissement des États et freinent leur développement.
Les échanges porteront sur les politiques d’endettement, les financements internationaux, les dettes climatiques, la microfinance ainsi que les pratiques économiques jugées défavorables aux pays du Sud. L’objectif est de proposer des alternatives favorisant un développement plus autonome, durable et mieux adapté aux réalités africaines.
Près de 300 participants sont attendus à cette 14ᵉ édition, venant de Bamako et de plusieurs régions du Mali. Au-delà des débats, les travaux devraient déboucher sur des recommandations destinées aux pouvoirs publics, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations de la société civile. Les conclusions serviront également de contribution à la participation des organisations maliennes au Forum Social Mondial 2026, prévu en août prochain au Bénin.
Pour Issa Kamissoko, président de la CAD-Mali, le Forum des Peuples demeure un espace d’expression citoyenne créé pour permettre aux populations de porter leurs préoccupations face aux grands enjeux mondiaux. Il souligne que l’édition 2026 intervient dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux qui rendent plus que jamais nécessaire une réflexion collective sur les voies d’un développement souverain et durable pour les pays africains.
Enfin, les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté des peuples africains dans la gestion de leurs ressources naturelles. « La seule alternative possible est l’union sacrée pour la souveraineté des peuples, surtout dans l’exploitation des ressources naturelles », a déclaré M. Ousmane B. Diallo de la convergence globale des luttes Terre t Eau Ouest africaine, estimant que seule une action collective permettra aux pays africains de mieux défendre leurs intérêts face aux enjeux géopolitiques et économiques actuels.
OB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 21/07/2026 by Ousmane BALLO
