UEMOA : La croissance résiste, l’inflation remonte

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L’activité économique demeure dynamique dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Portée notamment par les secteurs du BTP, des services financiers et du commerce, la croissance devrait atteindre 6,0 % au deuxième trimestre 2026. Toutefois, les perspectives d’inflation se renforcent dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la période de soudure et les difficultés d’approvisionnement dans certaines zones confrontées à l’insécurité.

L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine poursuit sa progression dans un environnement international contrasté. Selon la note mensuelle de conjoncture économique publiée pour juillet 2026, sur la base des informations disponibles au 20 juillet, l’activité dans les pays membres est restée bien orientée, malgré les incertitudes qui continuent de peser sur les marchés mondiaux.

Les perspectives économiques de l’Union restent ainsi favorables, avec une croissance attendue à 6,0 % au deuxième trimestre 2026, après 6,1 % au premier trimestre. Un léger ralentissement, donc, mais qui confirme le maintien d’un rythme d’expansion soutenu dans l’espace communautaire.

Au sein de l’UEMOA, la dynamique économique observée en mai 2026 a été principalement soutenue par plusieurs secteurs clés. Le bâtiment et les travaux publics (BTP) figurent parmi les principaux moteurs de cette progression, aux côtés des services financiers et du commerce. Cette orientation témoigne d’une activité intérieure qui continue de bénéficier des investissements, de la circulation des capitaux et de la demande de biens et services.

Dans un contexte où plusieurs économies africaines restent confrontées à des contraintes budgétaires, sécuritaires ou climatiques, le maintien d’une croissance autour de 6 % constitue un indicateur important pour l’Union.

Cette performance reste toutefois dépendante de plusieurs facteurs, notamment de l’évolution des prix internationaux, de la stabilité des approvisionnements et de la capacité des États à préserver un environnement favorable à l’investissement et à la production.

Les prix des produits de base en repli

En juin 2026, l’indice des prix des principaux produits de base exportés par les pays de l’UEMOA a enregistré une baisse de 4,8 %. Au même, l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés par l’Union a diminué de 1,6 %.

Ces évolutions pourraient, en théorie, contribuer à réduire certaines pressions sur les prix intérieurs et sur les coûts d’importation. Pour les économies de l’Union, fortement dépendantes de certains produits importés et des exportations de matières premières, la fluctuation des cours internationaux demeure un facteur déterminant pour les équilibres commerciaux et les finances publiques.

Le principal point d’attention concerne désormais l’évolution de l’inflation. En juin 2026, le taux d’inflation dans l’UEMOA s’est établi à 0,8 %, contre 0,4 % le mois précédent, soit une hausse de 0,4 point de pourcentage. Les prévisions font état d’une nouvelle progression au cours des mois suivants. Le taux d’inflation devrait atteindre 1,1 % en juillet, puis 1,3 % en août 2026.

Même si ces niveaux restent relativement modérés, la tendance mérite une attention particulière. La hausse anticipée des prix pourrait résulter d’une combinaison de facteurs externes et internes. Parmi les principaux risques figurent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, susceptibles d’influencer les prix des produits pétroliers et d’entraîner une augmentation des coûts de transport maritime et du fret.

Période de soudure et insécurité : des facteurs de pression

À ces facteurs internationaux s’ajoutent des contraintes propres à la région. La période de soudure, traditionnellement marquée par une plus grande sensibilité des marchés alimentaires, pourrait exercer une pression supplémentaire sur les prix. À cela s’ajoutent les perturbations des chaînes d’approvisionnement dans certaines zones touchées par l’insécurité.

Lorsque la circulation des marchandises devient plus difficile ou plus coûteuse, les conséquences peuvent rapidement se répercuter sur les prix payés par les consommateurs. Les coûts liés au transport, à la sécurité et aux difficultés logistiques peuvent ainsi limiter les effets positifs de la baisse observée sur certains marchés internationaux.

Pour les autorités économiques et monétaires, le défi consiste donc à préserver le dynamisme de l’activité tout en évitant que les pressions sur les prix ne s’installent durablement.

La note de conjoncture de juillet 2026 dessine ainsi le portrait d’une économie régionale globalement résiliente. La croissance reste soutenue, l’inflation demeure contenue et plusieurs secteurs continuent de contribuer à la dynamique économique de l’Union.

Mais les prochains mois seront déterminants. La poursuite des tensions internationales, l’évolution des prix de l’énergie, les conditions d’approvisionnement des marchés alimentaires et la situation sécuritaire dans certaines zones de l’espace UEMOA pourraient influencer la trajectoire économique de la région.

L’enjeu pour l’Union sera de maintenir une croissance robuste tout en protégeant le pouvoir d’achat des populations. À ce stade, les indicateurs restent positifs, mais la remontée progressive de l’inflation rappelle que l’équilibre économique demeure exposé à des risques aussi bien mondiaux que régionaux.

IB

Source : Le Capital

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