‘’Bon à Savoir’’ / Déficit budgétaire : Comprendre le cas du Mali

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Le déficit budgétaire correspond à la situation où les dépenses de l’État dépassent ses recettes sur une période donnée, généralement une année. En clair, le gouvernement dépense plus qu’il ne perçoit à travers les impôts, les taxes, les droits de douane, les revenus des entreprises publiques et d’autres ressources.

Concrètement, lorsqu’un État enregistre un déficit budgétaire, il doit trouver des financements complémentaires, notamment en empruntant sur les marchés financiers ou auprès d’institutions de développement. À l’inverse, lorsque les recettes excèdent les dépenses, on parle d’excédent budgétaire.

Le déficit budgétaire peut résulter de plusieurs facteurs : baisse des recettes fiscales, hausse des dépenses de sécurité, investissements publics importants ou encore dépenses exceptionnelles liées à une crise. Il ne constitue pas nécessairement un signe de mauvaise gestion. Lorsqu’il sert à financer des infrastructures, des écoles, des hôpitaux ou des projets énergétiques, il peut contribuer à soutenir la croissance économique.

Au Mali, le déficit budgétaire s’explique en grande partie par l’importance des dépenses consacrées à la défense et à la sécurité, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires. À cela s’ajoutent les investissements dans les infrastructures, la santé, l’éducation, l’agriculture ainsi que les dépenses de fonctionnement de l’administration.

Parallèlement, les recettes de l’État progressent grâce aux performances de la Direction générale des Impôts (DGI), de la Direction générale des Douanes, du Trésor public et aux revenus issus du secteur minier. Toutefois, ces ressources demeurent insuffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins.

Comment l’État finance-t-il son déficit ?

Pour combler cet écart, le Mali mobilise principalement des ressources sur le marché financier de l’UEMOA à travers des émissions de Bons et d’Obligations du Trésor. Le pays bénéficie également de financements accordés par des institutions régionales, notamment la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), ainsi que de l’appui de partenaires techniques et financiers pour certains projets de développement.

Au sein de l’UEMOA, le déficit budgétaire est encadré par un critère de convergence qui fixe un plafond de 3 % du PIB. Comme plusieurs pays de la région, le Mali a parfois dépassé ce seuil en raison des contraintes sécuritaires et économiques.

Pour améliorer durablement l’équilibre de ses finances publiques, les autorités misent sur une meilleure mobilisation des recettes fiscales, la valorisation des ressources minières, la lutte contre la fraude fiscale et une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques.

En définitive, le véritable enjeu pour le Mali ne doit pas être seulement de réduire son déficit budgétaire, mais surtout de veiller à ce que les ressources empruntées soient investies dans des secteurs capables de stimuler la croissance, de créer des emplois et de renforcer la résilience de l’économie nationale.

Ousmane BALLO

Source : Le Capital

Last Updated on 13/07/2026 by Ousmane BALLO

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