La compagnie minière canadienne Iamgold a annoncé, mardi 5 mai 2026, une production de 111 900 onces d’or au premier trimestre à la mine d’Essakane, principal site aurifère du Burkina Faso. Ce résultat représente une hausse de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Cependant, malgré cette progression significative de la production globale, la part attribuable à Iamgold n’a augmenté que d’environ 11 %. Cette situation s’explique par le renforcement de la participation de l’État burkinabè dans le capital des sociétés minières, à la faveur du nouveau code minier adopté en 2024.
Le texte prévoit désormais une participation gratuite de 15 % pour l’État dans les projets miniers, contre 10 % auparavant. Dans le cas de la mine d’Essakane, cette réforme a entraîné une réduction de la participation de l’actionnaire majoritaire, passée de 90 % à 85 % depuis juin 2025.
Conséquence directe : sur les 111 900 onces produites au premier trimestre 2026, Iamgold n’a enregistré qu’une production attribuable de 95 100 onces. Sans l’ajustement lié à la nouvelle répartition de l’actionnariat, cette part aurait avoisiné les 100 700 onces.
Selon les données publiées par la société, le prix moyen de vente de l’or s’est établi à 4 859 dollars l’once sur la période. L’écart de production attribuable lié à la hausse des parts de l’État représenterait ainsi plus de 27 millions de dollars.
Cette évolution illustre la volonté des autorités burkinabè de renforcer leur contrôle sur les ressources minières nationales et d’accroître les retombées économiques du secteur au profit de l’État. Le gouvernement entend ainsi mieux tirer parti de l’exploitation aurifère, pilier majeur de l’économie du pays.
Avec cette réforme, le Burkina Faso rejoint plusieurs pays africains engagés dans une révision de leurs politiques minières afin d’obtenir une plus grande part des revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles.
Ismaël Traoré
Source : Le Capital
Last Updated on 11/05/2026 by Ousmane BALLO
