La gestion de la Commune IV du District de Bamako est épinglée dans un rapport de vérification financière du Bureau du Vérificateur Général (BVG), couvrant la période de 2022 à juin 2025. L’audit révèle des irrégularités financières estimées à 83,48 millions de FCFA, dont 20,73 millions de FCFA ont été régularisés à l’issue des travaux de contrôle. Le reliquat non justifié s’élève à 62,74 millions de FCFA.
Cette mission de vérification avait pour objectif d’examiner la régularité et la sincérité des opérations de recettes et de dépenses, ainsi que la conformité des actes de gestion des organes délibérant et exécutif de la commune. Les investigations ont porté sur la gestion budgétaire, la mobilisation des recettes, les dépenses d’investissement et de fonctionnement, la gouvernance administrative, ainsi que la tenue de la comptabilité-matières et des registres d’état civil.
Le rapport met en lumière plusieurs insuffisances dans la gestion administrative de la collectivité. La Commune IV ne dispose pas de l’ensemble des documents requis pour la tenue de la comptabilité-matières, en violation des règles en vigueur. Des lacunes ont également été relevées dans la gestion de l’état civil, notamment dans la tenue des registres.
Les vérificateurs signalent également des manquements dans les procédures de passation des marchés publics, notamment l’absence d’information des soumissionnaires non retenus. Par ailleurs, la Direction régionale du Contrôle financier du District de Bamako ne produit pas de rapports réguliers sur la situation financière de la commune, limitant ainsi le suivi des opérations budgétaires.
Face à ces constats, le BVG recommande au maire de renforcer la régularité des documents administratifs, d’améliorer la tenue des registres d’état civil et de veiller au respect strict des procédures de passation des marchés publics. Le comptable-matières est également invité à se conformer aux exigences réglementaires, tandis que l’officier d’état civil doit assurer la transcription systématique des jugements supplétifs dans les registres de naissance.
Des irrégularités financières multiples
Sur le plan financier, plusieurs anomalies ont été identifiées. Les principales concernent le non-reversement de recettes issues de la célébration des mariages, évalué à 33,59 millions de FCFA, ainsi que le non-recouvrement de taxes municipales pour un montant de 8,47 millions de FCFA.
Le rapport mentionne également l’octroi d’avantages indus estimés à plus de 14,25 millions de FCFA, le non-reversement de taxes collectées pour 2,62 millions de FCFA, ainsi que la réception de travaux non conformes pour un montant de 3,8 millions de FCFA. Ces dysfonctionnements traduisent des failles dans le dispositif de contrôle interne et la gestion des finances locales.
Les faits relevés, susceptibles de constituer des infractions à la législation budgétaire, financière et pénale, ont été transmis à la Section des Comptes de la Cour suprême ainsi qu’au Procureur de la République financier. Cette saisine ouvre la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires.
Ce rapport du BVG relance le débat sur la gouvernance des collectivités territoriales au Mali. Il met en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle, de transparence et de reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques locales.
Ismaël Traoré
Source : Le Capital
Last Updated on 11/05/2026 by Ousmane BALLO
