Liberté de la presse et d’opinion : la CNDH alerte sur un recul jugé préoccupant

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À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai 2026, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a tiré la sonnette d’alarme sur un recul « considérable » de la liberté de la presse et d’opinion au Mali. L’institution s’appuie notamment sur le dernier classement de Reporters Sans Frontières (RSF), qui place le pays en baisse de cinq rangs en 2025.

Dans une déclaration rendue publique ce 3 mai 2026, la CNDH indique que le Mali est passé de la 114e place en 2024 à la 119e place en 2025. Elle rappelle également une tendance plus large de dégradation observée ces dernières années, le pays ayant perdu vingt places entre 2021 et 2025, passant de la 99e à la 119e position dans le classement mondial de la liberté de la presse.

La Journée mondiale de la liberté de la presse a été commémorée cette année dans un contexte particulier au Mali, marqué par des défis sécuritaires et politiques persistants. Aucune grande manifestation n’a été organisée, les activités ayant été limitées à des initiatives symboliques.

La Maison de la Presse du Mali a, pour sa part, publié un communiqué de solidarité et de compassion à l’endroit des professionnels des médias. Elle a également appelé les journalistes à davantage de responsabilité dans le traitement de l’information, tout en réaffirmant son engagement en faveur d’une presse libre et indépendante, ainsi que le renforcement des capacités professionnelles du secteur.

Cette 33e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse intervient dans un contexte mondial marqué par la montée en puissance des nouvelles technologies et la multiplication des sources d’information. Si ces évolutions ont facilité la circulation des contenus, elles s’accompagnent également de nouveaux défis.

Au Sahel, et particulièrement au Mali, la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et la liberté d’expression sont de plus en plus exposées à des menaces multiples, notamment la désinformation et la propagation de fausses nouvelles.

La CNDH reconnaît des efforts institutionnels

Tout en dressant ce constat préoccupant, la CNDH reconnaît le contexte sécuritaire complexe dans lequel évolue le pays. L’institution salue également certains efforts des autorités, notamment la mise en place au sein de la Présidence de la République d’une commission chargée de finaliser la relecture des textes régissant le secteur de la presse.

Placée cette année sous le thème « Informer dans un monde complexe : l’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias », la Journée mondiale met également en lumière les mutations profondes du paysage médiatique.

Les acteurs du secteur appellent à une réflexion approfondie sur les opportunités et les risques liés à l’intelligence artificielle, notamment en matière de droit à l’information, de régulation des contenus et de respect des normes internationales relatives aux droits humains. L’enjeu central reste de garantir que ces technologies contribuent au renforcement de la liberté d’expression plutôt qu’à sa restriction.

Pour rappel, le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, à la suite de la recommandation adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1991. Cette initiative faisait également écho à la Déclaration de Windhoek, adoptée par des journalistes africains en faveur du pluralisme et de l’indépendance des médias.

Amadou Kodio

Source : Ziré

Last Updated on 07/05/2026 by Ousmane BALLO

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