Le secteur extractif malien confirme son rôle central dans l’économie nationale, porté essentiellement par la production aurifère. En 2024, la production d’or déclarée par la Direction nationale de la géologie et des mines (DNGM) et les sociétés extractives s’est établie à 54,88 tonnes, pour une valorisation estimée à 1 632 milliards de FCFA, soit près de 95 % de la production minérale totale du pays, évaluée à 1 719 milliards de FCFA. Au même moment, Les travaux de conciliation, portant sur 34 des 37 sociétés extractives retenues, ont initialement révélé un écart de 70,324 milliards de FCFA entre les paiements déclarés par les entreprises (688,363 milliards FCFA) et les encaissements enregistrés par l’État (618,038 milliards FCFA). C’est ce qui ressort du rapport 2024 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives (ITIE Mali) remis le 17 avril 2026 au ministre des Mines.
Sous-produit du raffinage, l’argent a atteint une production de 879 kg, représentant une valeur de 537,6 millions de FCFA, soit 1,6 % de la production aurifère. Les petites mines, quant à elles, ont contribué à hauteur de 271,52 kg, soit seulement 0,5 % de la production totale, illustrant la prédominance des grandes exploitations industrielles dans le paysage minier.
Selon le rapport, l’or malien reste majoritairement tourné vers l’exportation, avec une forte concentration géographique des débouchés. En 2024, trois destinations principales ont absorbé l’essentiel des exportations : l’Afrique du Sud (79 %), suivie de l’Australie (14 %) et de la Suisse (4 %).
Parallèlement, l’or issu de l’exploitation artisanale et à petite échelle, déclaré par les comptoirs d’achat auprès de la Direction générale des douanes, s’est élevé à 296 kg pour une valeur estimée à 5,627 milliards de FCFA. Ces exportations ont été exclusivement orientées vers les Émirats arabes unis, confirmant le rôle de ce marché dans la commercialisation de l’or artisanal africain.
Cependant, des zones d’ombre persistent. L’ITIE Mali n’a pas pu obtenir d’informations complètes sur la commercialisation, tant à l’export qu’au niveau national, de la production issue des permis de petite mine, soulevant des enjeux de traçabilité et de transparence.
Outre l’or, d’autres substances minérales contribuent à l’activité extractive, notamment le ciment, l’eau minérale et la dolérite, dont la production est entièrement destinée au marché domestique, pour un chiffre d’affaires cumulé de 83,46 milliards de FCFA.
Dans le segment du fer, la société Zaragoza Mining a déclaré une production de 90 227 tonnes, valorisée à 4,51 milliards de FCFA. De son côté, la Direction générale des douanes a enregistré des exportations de 106 733,43 tonnes pour une valeur de 5,36 milliards de FCFA, principalement à destination de la Chine et des États-Unis.
Des recettes publiques dépassant les 1 000 milliards FCFA
Le secteur extractif demeure un levier majeur de mobilisation des ressources publiques. En 2024, les revenus générés ont atteint 1 023 milliards de FCFA, dont 978,29 milliards effectivement encaissés par le Trésor public. Les régies financières ont, à elles seules, déclaré des encaissements de 921,2 milliards de FCFA au titre des sociétés extractives.
Toutefois, L’ITIE Mali estime que la ventilation précise entre budget de l’État et fonds spéciaux n’a pas pu être établie, en raison de limites dans la disponibilité des données. Les travaux de conciliation, portant sur 34 des 37 sociétés extractives retenues, ont initialement révélé un écart de 70,324 milliards de FCFA entre les paiements déclarés par les entreprises (688,363 milliards FCFA) et les encaissements enregistrés par l’État (618,038 milliards FCFA).
Selon le rapport, après des ajustements opérés à la suite de l’atelier de novembre 2025, les écarts ont été significativement réduits. Les justificatifs fournis ont permis de corriger les déclarations, ramenant le différentiel à un solde net de 1,992 milliard de FCFA, avec des paiements ajustés à 617,119 milliards contre 619,111 milliards de FCFA d’encaissements.
Néanmoins, L’ITIE Mali pense que certaines zones restent hors du périmètre d’analyse, notamment en raison du différend entre l’État malien et le groupe Barrick Gold. Les données de paiement des sociétés de ce groupe n’ont pas été disponibles, bien que les régies financières aient déclaré des recettes de plus de 302 milliards de FCFA les concernant.
Il ressort du rapport que le Mali s’appuie sur un cadre politique et réglementaire consolidé pour encadrer ses activités extractives. L’adoption en août 2023 d’un nouveau Code minier et d’une loi sur le contenu local traduit la volonté des autorités de renforcer la gouvernance du secteur et d’accroître les retombées économiques nationales.
Au 31 décembre 2024, le pays comptait 705 titres miniers actifs et deux titres pétroliers. Parmi eux, 13 projets miniers sont actuellement à un stade avancé de recherche. Dans le secteur des hydrocarbures, la société HYDROMA demeure la seule entreprise en phase d’exploration avancée.
Dans ce contexte, l’or continue de structurer l’économie extractive malienne, tout en posant des défis en matière de diversification, de transparence et d’optimisation des revenus publics.
Ousmane BALLO
Source : Le Capital
Last Updated on 27/04/2026 by Ousmane BALLO

