Idéaux du père de l’indépendance du Mali, Modibo Keïta : Quels enjeux pour la consolidation de l’AES ?

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La Table Ronde organisée par le Mémorial Modibo Keïta, sous le parrainage du Général de Division Abdoulaye Maïga, Premier ministre, Chef du Gouvernement, avait pour thème : « Idéaux du père de l’indépendance du Mali, Modibo Keïta, dans la construction de l’unité africaine : quels enjeux pour la consolidation de l’AES ? ». C’était le jeudi 18 septembre 2025, au sein de cette structure. Le Directeur du Mémorial Modibo Keïta, M. Moussa Traoré, a précisé que l’homme dont il est question, Président Modibo Keïta, est une figure d’exception dans l’histoire du Mali.

M. Traoré a salué la mémoire du défunt et a remercié tous ceux qui ont fait le déplacement pour prendre part à cette Table Ronde. Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Pr Boureïma Kansaye, a noté qu’en ce moment où certains tentent de supprimer l’histoire, il est bien appréciable de constater que le débat revient sur les idéaux du père de l’indépendance du Mali, Modibo Keïta. Selon lui, il s’agit de revisiter notre histoire afin de construire un futur rayonnant pour nos enfants.

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, a solennellement salué la mémoire du père de l’indépendance, feu Président Modibo Keïta. Selon lui, le Président Modibo Keïta a été de tous les grands mouvements africains. À ses dires, il a toujours fait passer des messages forts. Le ministre Daffé estime que l’histoire est une continuité. Il a fait savoir que toutes les grandes nations se construisent dans la douleur. « Nous-nous battons, nous tenons », a-t-il dit, avec conviction que le maître mot est l’Afrique unie et debout.

Le point de vue de l’écrivain Daouda Tékété

L’écrivain Daouda Tékété a rappelé qu’à la fin des années 1950, le débat sur le fédéralisme suscitait de profonds antagonismes au sein de la classe politique africaine. Quatre pays vont décider de réagir à l’émiettement de l’Afrique francophone : le Soudan français (actuel Mali), le Sénégal, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) et le Dahomey (actuel Bénin). « En recevant les représentants de ces pays à Bamako, les 29 et 30 décembre 1958, Modibo Keïta (inspirateur du projet) réalisait un rêve : jeter les bases d’une ‘’union africaine’’ », a-t-il dit.

A propos de la quête de l’Unité Africaine, M. Tékété a rappelé ce passage de Modibo Keïta, à savoir : « Nos objectifs : réalisation de l’unité et de l’indépendance africaines, construction d’une grande nation africaine fière de sa liberté et de sa prospérité, qui permettra le rayonnement irrésistible de la culture négro-africaine ». Selon M. Tékété, dans le combat pour une décolonisation véritable en Afrique, tout ne dépend pas que des Institutions, mais plutôt, surtout de la qualité des hommes. Pour lui, il faut aujourd’hui, en Afrique, des personnalités intègres et compétentes, capables…

Il ressort de ses explications que le régime instauré par Modibo Keïta au Mali avait su créer chez les maliens la confiance en soi, le sens de l’honneur et de la dignité : « Dans tous les domaines de la vie économique, sociale et culturelle, ceux sont les maliens qui étaient à l’avant-garde du combat émancipateur du peuple. Les sociétés et entreprises d’Etat avaient toutes été réalisées, essentiellement à partir de ressources internes. Grâce à la mobilisation des populations, à travers les ‘’investissements humains’’, de nombreuses infrastructures ont été réalisées.

Il s’agit, entre autres, des écoles de villages et de quartiers (300 salles de classes construites en 6 ans par les populations elles-mêmes), des dispensaires, des campements nomades, des puits, des routes non goudronnées, des petits barrages, des ponts sur les rivières, des magasins de ravitaillement ouverts dans les villes, villages ainsi que dans les plus petits postes militaires pour les populations nomades. Il faut signaler que les locaux abritant actuellement l’administration du Haut Conseil des Collectivités à Bamako ont été pour l’essentiel construits par ‘’investissement humain’’ sous le régime de Modibo Keïta ».

Tougouna A. TRAORE

Source : La Rédaction du Mali