La dette publique des pays de l’Union se situe entre 60 % et 63 % du PIB, en deçà du seuil de 70 %, a rassuré le Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), Jean-Claude Kassi Brou.
Le Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), Jean-Claude Kassi Brou, a écarté mercredi tout risque immédiat de crise de la dette dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), tout en appelant à la prudence face à la montée des ratios d’endettement.
« La dette a augmenté, mais nous ne sommes pas dans une situation difficile. Elle se situe en moyenne entre 60% et 63% du PIB dans l’Union, en deçà du seuil communautaire de 70% », a-t-il déclaré à l’issue de la réunion ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) tenue à Dakar.
Selon lui, « il faut être vigilant », car la progression de la dette accroît le poids du service et réduit les marges budgétaires des États pour financer les secteurs sociaux et les infrastructures.
Évoquant le cas du Sénégal, dont la dette a été réévaluée à 118% du PIB après audits, M. Brou a salué la transparence des autorités et encouragé la poursuite des mesures correctives engagées, notamment dans le cadre des discussions en cours avec le Fonds monétaire international.
« Finaliser rapidement un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) est crucial pour soutenir les réformes et restaurer la confiance », a-t-il insisté.
Malgré ces pressions, le Gouverneur a relevé que les États de l’Union parviennent à mobiliser des ressources importantes sur le marché financier régional. Sur les sept premiers mois de 2025, plus de 9 000 milliards FCFA ont été levés par adjudication, signe, selon lui, d’un marché « profond et liquide. »
Toutefois, il a reconnu des écarts notables dans les rendements, certains pays empruntant autour de 6% tandis que d’autres doivent offrir des taux supérieurs à 9%, reflet de « primes de risque différenciées selon la qualité de signature des États. ».
Concernant la politique monétaire, le CPM a maintenu inchangés ses instruments directeurs. Le taux de refinancement reste fixé à 3,25 %, le guichet de prêt marginal à 5,25 %, et le coefficient des réserves obligatoires des banques à 3 %.
La décision se fonde sur une analyse jugée globalement « positive » de la conjoncture. Selon M. Brou, la croissance économique est attendue à 6,3 % en 2025, soutenue par la consommation intérieure et les investissements, ainsi qu’une inflation projetée à 1,2 % contre 3,5 % en 2024, grâce à une bonne campagne agricole et à la baisse des prix des produits importés.
Par ailleurs, le solde extérieur de l’Union s’est également amélioré, porté par la hausse des exportations d’hydrocarbures, d’or et de cacao, tandis que le financement bancaire de l’économie est jugé « adéquat. »
Toutefois, la Bceao met en garde contre les risques liés à la sécurité régionale, au changement climatique et aux tensions géopolitiques internationales, qui pourraient inverser ces tendances favorables.
« Le Comité restera vigilant et prendra, si nécessaire, les mesures idoines pour préserver la stabilité monétaire et financière de l’Union », a conclu M. Brou.
Source : apanews.net
Last Updated on 18/09/2025 by Ousmane BALLO
