Manque d’éducation, de soins de santé ou encore d’abris adéquats, les enfants des camps de déplacés internes à Bamako sont privés des droits humains fondamentaux. Dans ce reportage, nous vous invitons à découvrir le calvaire des enfants des déplacés pour lesquels la vie normale constitue un véritable luxe en plein Bamako et périphériques.
Nous sommes à Faladjè ce jeudi 14 Août 2025. Dernière l’ancien parc animalier (garbal), se trouve le camp des déplacés. Il est 09h15 minutes exactement. Awa Guindo, mère célibataire de quatre (4) enfants, se prépare à aller chercher sa recette journalière. Son quotidien ? Faire la lessive payante s’il y en a ou quémander de quoi nourrir et entretenir ses petits. Pour elle, la principale priorité est de nourrir ses enfants. « Je suis ici depuis deux ans. J’ai perdu mon mari dans le conflit et aujourd’hui, je vis ici avec mes enfants à côté de certains de nos parents. Nous avons fait des hangars et chaque matin chacun se débrouille comme il peut pour pouvoir se trouver de quoi à se nourrir », dira-t-elle.
Répondant à notre question sur la situation des enfants, la mère désormais célibataire lâche : « Nous sommes en train de survivre. On ne peut pas espérer sur autre chose », dit-elle presqu’en larme. « Ici, les enfants sont entre les mains de Dieu. Sinon nous n’avons aucun moyen. Nous avons même des difficultés à leur nourrir. Ce qui veut dire qu’une fois qu’ils tombent malades, nous essayons les thérapies traditionnelles avec les feuilles. Ils n’ont pas non plus accès à l’école parce que nous n’avons pas les moyens de payer leurs études », raconte-t-elle.
À Bamako, on trouve plusieurs sites où des personnes déplacées internes (PDI) ont trouvé refuge, notamment dans les communes V et VI. Il n’existe pas de chiffres officiels récents et précis sur le nombre exact de déplacés internes se trouvant spécifiquement à Bamako. Mais force est de constater que la ville accueille un nombre important de déplacés.
Ainsi, ces camps sont repartis entre des lieux comme le camp de Mabilé, autrefois un lycée, ainsi que des zones à Faladié et Niamana. Ces personnes en majorité des enfants ont été forcées de quitter leurs foyers en raison de conflits armés et de violences, principalement dans les régions du centre du Mali comme Mopti, Ségou et des régions du nord. Dans tous ces camps, les enfants vivent dans un environnement chaotique.
Un environnement dangereux pour les enfants !
Presque tous les déplacés sont frappés par les mêmes réalités, certains plus grave que d’autres. C’est du moins ce qu’estime Amadou Djibo, l’un des responsables des déplacés. « La situation des enfants dans les camps de déplacés est très préoccupante. De nombreux enfants sont déscolarisés, exposés à des risques de violence, de malnutrition, et de maladies. Et aujourd’hui avec le contexte, il n’y a plus aucun appui ou aide social à leur endroit », explique-t-il.
À Niamana, c’est surtout l’abri et la qualité d’eau consommée qui vont attirer notre attention. Ici, presqu’aucun hangar n’est en bon étant. Certes, il existe une source d’eau potable, se trouvant au milieu des ordures et contiguë à un abattoir. Ce qui fait que les mouches et autres insectes envahissent les lieux. Du coup, l’eau et les autres aliments sont exposés aux microbes.
Les enfants, en première ligne des victimes !
Si tous les déplacés subissent le périple, les enfants en souffrent plus. Selon Aba Diallo, l’un des chefs de famille sur le site, chaque famille à son malade et à tout moment. « Les enfants tombent régulièrement malades ici. Cela est valable pour toutes les familles », dit-il.
Moussa BAGAYOKO, Directeur Exécutif de l’association pour la promotion des initiatives de développement (APID) et secrétaire aux relations publiques de la Coalition Malienne pour les Droits de l’Enfant (COMADE), nous en dit plus sur le calvaire des enfants. « Ces enfants sont très vulnérables. Ils manquent de tout et sont exposés le plus souvent à la violence, aux abus, à l’exploitation et aux maladies », témoigne-t-il.
Outre les besoins de soin de santé, les enfants ont d’autres besoins fondamentaux. Il s’agit surtout, du besoin de formation professionnelle et de réinsertion socioéconomique pour les plus adultes et majeurs. « Ils ont aussi besoin de loisirs à travers des activités récréatives. Certains ont besoin d’accompagnement psychosocial », ajoute M. BAGAYOKO.
Au regard des réalités sur le terrain, l’on note que les enfants déplacés à Bamako font face à de multiples défis, notamment la déscolarisation, la violence, la malnutrition et les maladies. Ainsi, il devient impératif de renforcer les actions humanitaires pour répondre effacement à leurs besoins et afin de leur garantir un avenir plus sûr et plus sain.
Amadou Kodio/Afrikinfos-Mali


Please prioritize this form of self-care. Your well-being is worth it.
I always feel so much better afterward. The relief is incredible.