Retour des fonctionnaires à Ménaka : Pourquoi seulement les enseignants ?

à la une Accueil Actualités Au Mali éducation Flash infos Infos en continus

Le gouverneur de la région de Ménaka a brandi des menaces de suspension de salaire des enseignants pour abandon de postes à partir du 1er Avril  2025. Mais la question que l’on se pose est pourquoi seulement les enseignants, car ils ne sont pas les seuls absents de la localité ?

Le forcing pour le retour des fonctionnaires peut être salutaire si seulement toutes les conditions sont réunies. Mais la pression mise uniquement sur les enseignants est tout aussi suspicieuse. « Pour compter du 1 avril 2025, le salaire des enseignants en abandon de poste dans l’Académie d’Enseignement de Ménaka, dont les noms suivent, sont suspendus jusqu’à nouvel ordre », a laissé entendre le gouverneur dans un communiqué rendu public le 10 mars 2025.

Ainsi, le gouverneur de la Région de Ménaka a décidé, à partir du 1er avril 2025, de suspendre les salaires de 151 enseignants de l’Académie d’enseignement de Ménaka pour abandon de poste, suite à plusieurs avertissements et procédures officielles. Sauf que les enseignants sont les seuls sommés de rejoindre leurs postes par le gouverneur alors que d’autres fonctionnaires continuent leur vie ailleurs.

La décision a étonné plus d’un, car beaucoup s’interrogent pourquoi la décision du gouverneur ne vise que les enseignants. Selon nos informations recueillis sur place, plusieurs autres agents de l’Etat de la région sont hors de Ménaka. Ils vivent à Bamako, Tombouctou ou Gao. D’autres estiment que certains hauts cadres sont toujours absents à leurs postes à Ménaka.

Quelques heures après la diffusion du communiqué du gouverneur, Cheich Cissé, un ressortissant de la région de Gao, a posté sur sa page facebook que les enseignants ne sont qu’une petite partie des absents à leurs postes dans la région de Ménaka. « Le Mali n’a personne dans ces localités pour assurer la sécurité des populations. Le gouverneur doit demander la suspension des salaires des préfets, sous-préfets, responsables techniques, responsables des collectivités tous cantonnés à Ménaka. Les Maliens sont tous égaux », a-t-il insisté.

D’autres s’étonnent du silence observé par le syndicat des enseignants dans ce cas pareil. En entendant, la décision du gouverneur reste suspendue comme une épée de Damoclès sur les enseignants jusqu’à la date butoir, le 1 avril 2025. 

Amadou Kodio

Source : Ziré