A Bamako, la crise énergétique impacte sérieusement la fourniture en eau. Dans beaucoup de quartiers, surtout au niveau périphérique, les habitants peinent à avoir de l’eau, suite à la coupure récurrente de l’électricité.
Plus ça dure, plus ça devient dur pour les populations. Après avoir mis en péril les petites activités dépendantes de l’électricité, la coupure commence à impacter sérieusement un autre secteur assez vital pour les populations. Il s’agit des points de distribution d’eau où les bonnes dames se bousculent désormais juste pour avoir de l’eau. Ce, aussi bien pour les forages que pour les points d’eau alimentés par Société Malienne de Gestion de l’Eau potable (SOMAGEP).
Entre le 15 et le 17 février 2024, une grande partie du quartier de Nafadji, situé en Commune I du District de Bamako, a battu les rares records qu’elle n’avait jamais connus auparavant en termes de coupure d’électricité. Dans cet intervalle, le quartier n’a bénéficié d’électricité que durant quelques trois heures par jour et les réseaux d’eau n’étaient disponibles qu’à des heures très tardives, soit entre 2 heures et 5 heures du matin.
Encore, les populations de ce quartier continuent de subir ce même calvaire presque deux jours sur trois. Du coup, des pénuries d’eau très récurrente sont constatées dans cette zone. Les femmes sont obligées de se réveiller très tôt pour se mettre en file d’attente afin d’espérer à être parmi les premières, car le service ne peut durer que quelques heures seulement.
Mme Traoré Kadidiatou Diarra, une nouvelle habitante du quartier nous fait part de son calvaire quotidien : « Je n’ai jamais vécu une telle situation. Je n’en doutais pas du tout parce qu’il y a plusieurs forages dans le secteur, mais je ne savais pas que beaucoup dépendaient de l’électricité. Maintenant, je comprends. »
En effet, Mme Traoré se réveille désormais vers 4 heures du matin chaque jour pour aller mettre ses bidons en fil d’attente. « Cela fait au moins 15 jours que je me fais accompagner par mon mari pour aller mettre mes bidons en fil d’attente. Au début, cela me permettait d’être parmi les premières. Mais maintenant, non seulement il faut placer les bidons, mais aussi il faut être là pour veiller sinon d’autres viendront se mettre en avant pour provoquer des conflits, chose que je déteste », ajoute-t-elle.
Mme Oumou Boiré, affectueusement appelée Dily Oumou par ses proches, vit une situation un peu similaire. Elle nous confie : « Le drame est que mon mari a fait un forage pour la famille, mais le système dépend de l’électricité. Donc pendant les coupures, ça ne fonctionne pas. Et là, actuellement tout le monde voit ce qui se passe. Il y a très peu de jours où nous avons de l’eau. Nous sommes une grande famille et mon mari à trois femmes. Souvent, nous sommes obligés de payer des tricycles pour qu’ils aillent nous chercher de l’eau à des kilomètres ».
Abdoulaye Guindo, conducteur de moto-taxi fait le constat bien au-delà du quartier Nafadji. « C’est vraiment dur et inquiétant. Cela n’impacte pas seulement les forages, même le réseau de distribution de la SOMAGEP est très perturbé » souligne-t-il.
Pour ce qui concerne les forages, M. Guindo estime que les gens sont obligés d’aller vers le système solaire. « Je sais que beaucoup de forages fonctionnent par le système solaire, mais ils ne sont pas très nombreux et cela ne peut pas couvrir tous les besoins. Je pense qu’il faut aller vers le système solaire pour ceux qui ont les moyens. Sinon, le problème n’est pas propre à Nafadji seulement. Cette pénurie d’eau est une réalité un peu partout à Bamako » ajoute-t-il.
Avant la période de la canicule qui se pointe à l’horizon, les autorités compétentes sont sommées de trouver une solution au problème d’électricité afin de garantir aux populations un cadre de vie plus propice.
Amadou Kodio
Source : Ziré
Last Updated on 23/02/2024 by Ousmane BALLO

