L’accord d’Alger à la poubelle ! 

Dès sa signature en 2015 l’accord avait été conçu comme une camisole de force que l’Etat malien a porté sous la pression du médiateur algérien et de la communauté internationale. Cet accord était devenu au fil du temps un honteux instrument de chantage aux mains des Autorités algériennes dont l’exercice favorit est de jouer au pompier-pyromane. L’accord d’Alger était aussi et surtout un accord servant les intérêts d’un groupe de terroristes parrainés par un État voyou connu pour son hostilité envers ses voisins. Cet accord ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour les maliens. Il vient d’être jeté à la poubelle par les Autorités de la transition. 

En effet, le gouvernement malien a décidé, le 26 janvier 2024, de mettre fin à l’accord d’Alger, avec  » effet immédiat « .

Dans deux communiqués le gouvernement a fourni les explications de cette importante décision qui marque un tournant décisif dans l’évolution de la situation au nord du Mali et de la relation entre le Mali et l’Algérie, pays médiateur et parrain de l’accord.

Pourquoi cette décision de Bamako ?

Dans le premier communiqué No 064, le gouvernement a énuméré un certain nombre de faits et d’actes posés par le voisin algérien qui n’a jamais été un médiateur exemplaire mais plutôt un pyromane qui, curieusement, a toujours réussi à tromper la vigilance des Maliens et de communauté internationale. Le masque est tombé ! Le gouvernement de la transition  » constate avec une vive préoccupation une multiplication d’actes inamicaux, de cas d’hostilité et d’ingérence dans les affaires intérieurs par les autorités de la République algérienne démocratique et populaire, toutes choses portant atteinte à la sécurité nationale et à la souveraineté du Mali « .

Ces derniers temps l’Algérie, comme à son habitude, n’a cessé de poser des actes gravissimes contre le Mali.

Le gouvernement malien donne 5 bonnes raisons motivant sa décision :   » l’imposition d’un délai de transition aux Autorités maliennes, de manière unilatérale ; l’accueil sans concertation ou notification préalable et au plus haut sommet de l’Etat algérien de citoyens maliens subversifs et de citoyens maliens poursuivis par la justice malienne, pour actes de terrorisme; l’existence sur le territoire algérien de bureaux assurant la représentation de certains groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, devenus aujourd’hui des acteurs terroristes ; la volonté des Autorités algériennes à maintenir le régime de sanctions des Nations unies concernant le Mali, au moment où le Mouvement des Non Alignés et la Fédération de Russie s’y opposaient dans l’intérêt du Mali qui demandait la levée dudit régime ; la main cachée des Autorités algériennes dans une manœuvre consistant à imposer un chapitre sur le Mali dans le document final du Sommet du Mouvement des Non Alignés à Kampala, en Ouganda,  sans le consentement des autorités maliennes… « 

Trop c’est trop ! Le gouvernement malien  » prend l’opinion nationale et internationale à témoin et les invite à constater l’écart entre les manœuvres d’hostilité des Autorités algériennes d’une part et d’autre part la responsabilité qui leur incombe au moment où elles siègent au sein du Conseil de sécurité des Nations unies… ».

Et de ce fait, le gouvernement malien tout en condamnant cette attitude des autorités algériennes exigent qu’elles cessent immédiatement leurs manœuvres et hostilités contre le Mali.

Et les Autorités maliennes de rappeler les relations séculaires et fraternelles entre les peuples malien et algérien.

Dans le second communiqué No 065, les Autorités les maliennes ont évoqué les raisons suivantes pour dénoncer l’accord d’Alger : « le changement de posture de certains groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, devenus des acteurs terroristes et poursuivis par la justice malienne, après avoir commis et revendiqué des actes terroristes ; l’incapacité de la médiation internationale à assurer le respect des obligations incombant aux groupes armés signataire… ; les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’Accord de la part des Autorités algériennes… ».

Logiquement, au regard des actes posés par certains groupes signataires et leur parrain algérien, Bamako a donc décidé de mettre fin à l’Asccord d’Alger. Et du coup, cet accord devient caduc.

C H Sylla

Source : L’Aube

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