Abdoulaye Diop  devant le  groupe de suivi et de soutien à la transition : les vérités du Mali sur la table

Le Mali n’entend plus se plier aux diktats d’un partenaire, notre pays ne cèdera plus ni aux chantages, ni aux pressions d’un partenaire, et le Mali n’abandonnera jamais un partenaire au profil d’un autre… Ce sont là, des vérités assénées par Abdoulaye Diop, le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale, lors de la réunion du groupe de suivi et soutien à la transition, qui s’est tenue la semaine dernière à Lomé. Occasion pour Diop de mettre les points sur les I.

 En effet, devant les partenaires réunis lors des  travaux de la 3ème réunion du Groupe de Suivi et de Soutien à la Transition au Mali (GST-MALI), le Ministre Diop a réaffirmé les 3 principes clés du Mali : le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix stratégiques (choix des partenaires) ; et la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. Ainsi, le chef de la diplomatie malienne a déclaré : « Notre gouvernement est prêt à dire non quand nous estimons que l’aide ou l’assistance ou le partenariat qui nous sont proposés ne sont pas en ligne avec notre propre vision du Mali ».

Le ministre Abdoulaye Diop précise ceci : « personne n’aime le Mali plus que les Maliens ; personne ne connaît les problèmes du Mali mieux que les Maliens ; et personne n’a une meilleure solution aux problèmes du Mali que les Maliens eux-mêmes ». Ce qui est on ne peut plus clair, l’adresse de certains pays qui s’agitent autour de notre pays.

Aussi, le ministre des Affaires étrangères a indiqué clairement qu’« Il est important aussi de retenir que tout ce qui se fera au Mali doit se faire avec les Maliens, en accord avec les Maliens et avec la contribution des Maliens et nous n’accepterons rien qui puisse se faire sans les Maliens ou contre les Maliens. Ceci est une donnée importante qu’il faut retenir ».

La nouvelle vision du Mali

Dans le cadre de nos rapports avec nos partenaires, il ajouta qu’« il est également important de comprendre que le Mali nouveau n’acceptera pas qu’on puisse nous imposer des agendas, qu’on puisse nous imposer notre propre agenda, nos priorités ; qu’on puisse nous imposer des diktats. Naturellement, cela s’accompagne d’un prix à payer, et ce qui est nouveau est que notre Gouvernement est désormais prêt à dire non quand nous estimons que l’aide, l’assistance ou le partenariat qui nous sont proposés ne sont pas en ligne avec notre propre vision du Mali ».

Aussi, le ministre Diop a précisé aux partenaires que les choses ont changé ! Et c’est une nouvelle vision malienne qui est en cours et qui est conforme aux seuls intérêts du Mali. « Tant qu’il n’y aura pas la paix et la stabilité au Mali qui occupe une position stratégique, centrale, en Afrique de l’Ouest, lorsque quelque chose de bien se passe au Mali, cela se propage dans la région et lorsque quelque chose de mauvais se passe au Mali, cela affectera la région. Le Mali est une mosaïque de populations : toute l’Afrique de l’Ouest est au Mali, tout comme le Mali est dans toute l’Afrique de l’Ouest », dira Abdoulaye Diop. Avant de préciser que « travailler avec le Mali, aider à ramener la démocratie, la paix et la stabilité au Mali, est un investissement que chacun de nous fera pour la paix au Mali, pour la stabilité de la région et aussi pour la prospérité du monde».

Ainsi, le ministre Diop est sans équivoque : « Ceux qui veulent travailler dans le cadre de cette vision et de ces principes sont les bienvenus » !

En outre, le chef de la diplomatie malienne a profité de l’occasion pour apporter un démenti cinglant à ceux qui affirment que le pays est isolé.  «  Certains veulent nous coller des stéréotypes disant que « le Mali veut se fermer », « le Mali est isolé », « le Mali ne veut pas travailler avec les gens ».

Aussi, il a mis l’accent sur l’importance du Mali sur l’échiquier sous régionale : « Il est important de comprendre cela car pendant longtemps, nous avons remarqué que le Mali accompagnait les partenaires. Maintenant nous voulons que le logiciel change pour que les partenaires comprennent que c’est le Mali qui assurera le lead, avec le prix que cela nécessitera de payer.  Il faut aussi comprendre que, soutenir le Mali, travailler avec le Mali n’est pas un cadeau fait au Mali et aux maliens ; les Maliens ont la responsabilité première ».

Enfin Abdoulaye Diop estime que tant qu’il n’y aura pas la paix et la stabilité au Mali (…) cela se propage dans la région et lorsque quelque chose de mauvais se passe au Mali, cela affectera la région ».

 Mémé Sanogo

Source : L’Aube