Mali : le Centre Carter craint une reprise des hostilités entre les parties signataires de l’accord pour la paix !

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Le 30 Juin 2022, le Centre Carter de l’Observateur Indépendant pour la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger a animé une conférence de presse afin de présenter son rapport d’analyse sur l’évolution de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix. Ainsi dans son rapport, l’Observateur Indépendant a déploré des points de blocage au niveau de la mise en œuvre du protocole d’accord singé en 2015.

Dans son rapport qui couvre la période de septembre 2021 à juin 2022, l’Observateur Indépendant à travers son Conseiller Spécial adjoint, Jean Ntole Kazadi, a notifié beaucoup de points de blocage. Selon lui, les parties signataires, notamment le Gouvernement du Mali ; la Coordination des Mouvements de l’Azawad et la Plateforme, n’ont réalisé aucune avancée significative depuis plus d’un an. Pire, avance-t-il, les organes clés du processus de mise en œuvre sont à l’arrêt, pour la plupart.

Ainsi, le Centre Carter estime que les processus de recrutements, de réarmement et les mouvements opérés sur le terrain en dehors du cadre de l’Accord, font planer le risque d’une reprise des hostilités. « Pourtant publiquement, toutes les parties continuent à réaffirmer leur engagement envers l’Accord. En réalité, les rapports se sont beaucoup détériorés entre les parties signataires », a-t-il expliqué.

Les raisons du blocage !

Selon le rapport de l’Observateur Indépendant, les raisons de cette situation sont multiples. Il s’agit des récriminations entre les parties signataires lors de la réunion du Comité de Suivi d’octobre 2021 ; des désaccords sur le Cadre Stratégique Permanent et de la détérioration des relations entre les dirigeants des Mouvements et le Gouvernement de Transition

Aussi, le présent rapport s’appuie sur plus de quatre années d’observation quotidienne du processus de mise en œuvre et se focalise beaucoup sur un autre facteur fréquemment négligé. Il s’agit du débat autour de la relecture de l’Accord. « L’idée d’une relecture de l’Accord a largement contribué à la situation de blocage actuelle, en accroissant l’incertitude quant à l’avenir de sa mise en œuvre, en détériorant la confiance déjà fragile entre les parties et en alimentant la défiance croissante des Maliens et Maliennes envers l’Accord », ajoute le conférencier.

Cependant, le Centre Carter de l’Observateur Indépendant souligne que la relecture de l’Accord est une question qui mine inutilement la mise en œuvre. « L’Accord est un accord-cadre large et flexible, et non un carcan figé. Au cours de la mise en œuvre, les parties signataires ont régulièrement procédé à des adaptations consensuelles de l’Accord pour répondre aux évolutions du contexte malien », dit-il.

Toutefois, le Conseiller Spécial adjoint, estime qu’une renégociation de l’Accord serait la meilleure solution, car celle-ci, selon lui, pourrait permettre aux signataires d’énumérer les quelques lignes gênantes afin de trouver un consensus.

Amadou Kodio/Afrikinfos-Mali

Last Updated on 02/07/2022 by Ousmane BALLO