Processus de paix et de réconciliation au centre : Guenguéré et Bolly totalement forclos

La nomination de l’ancien porte-parole de Dan Na Ambassagou, Marcelin Guenguéré, et de l’ancien chef d’un groupe d’auto-défense peulh, Sékou Bolly, respectivement comme chef de Cabinet et chargé de missions au ministère de la Réconciliation nationale n’a pratiquement servi à rien. Aujourd’hui, ces deux personnalités, auparavant influentes au centre, n’ont aucune crédibilité ou encore aucun poids au sein de leurs communautés respectives, du moins au sein de leurs groupes d’auto-défense. Ainsi, malgré leurs agitations çà et là, au nom, prétendent-ils, de la paix et de la réconciliation, il faut tout de même reconnaître qu’ils sont totalement forclos et donc inaptes pour accomplir leurs missions.

Et pourtant leurs nominations au sein de cet département en charge de la Réconciliation nationale avaient suscité une lueur d’espoir pour la paix et la réconciliation au centre du pays. Hélas ! Aujourd’hui, tout porte à croire que ces deux personnalités se trouvent aussi dépassées par les faits. Pire, elles sont toutes les deux actuellement contestées par une grande partie de leurs communautés respectives, surtout les milices.

Déjà, après un incident produit en janvier dernier entre les dozos et l’armée malienne à Somadougou, un village situé à une trentaine de kilomètres de Mopti, Sinaly Maïga, l’un des chefs des dozos de Djenné a déclaré dans une vidéo : « Nous demandons au ministre de la Réconciliation nationale, colonel-major Ismaël Wagué, de limoger d’ici 15 jours, son chargé de mission, Sékou Bolly, ainsi que son chef de cabinet, Marcélin Guenguéré.»  Marcélin Guenguéré quant à lui, a répliqué à cette déclaration dans les colonnes de notre confrère ‘’Le Pays’’ en ces termes : «Ces chasseurs qui demandent mon limogeage sont dans le jeu des hommes politiques qui pensent que si je gagne le pari de la paix, j’aurai une popularité inimaginable.» Mais la vérité aujourd’hui, c’est que ce pari est loin d’être gagné sur le terrain.

Donc au regard de la situation encore tendue au centre du pays, le ministre de la Réconciliation nationale, le colonel  major Ismaël Wagué, doit comprendre que son chef de Cabinet, Marcelin Guenguéré, ancien porte-parole de Dan Na Ambassagou, et son chargé de missions, Sékou Bolly, ancien chef d’un groupe d’auto-défense peulh, ne contrôlent plus rien. Ils ont été désavoués par les leurs à cause de leur posture politique. Ainsi, ils ne peuvent ni parler au nom de l’ensemble de leurs communautés, ni faire revenir à la raison les récalcitrants ou belligérants. Autrement dit, Marcelin Guenguéré  et Yéro Bolly sont totalement “périmés”.

Ousmane BALLO

Source : Ziré