Libération de la zone aéroportuaire : Bah N’Daw opte pour la fermeté !

Sur instruction ferme du Président de la Transition, Bah N’Daw, l’Etat malien va à la récupération de ses Biens immobiliers aux mains de particuliers. C’est dans ce cadre que se situe les opérations de démolition des constructions illicites sur la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou. Une zone illégalement occupées par des citoyens. Pourtant, tous, acquéreurs et complices, avaient reçu des sommations répétitives leur rappelant à l’ordre face à la gravité de leurs actes et à l’imminence de la décision de l’Etat de récupérer ses Biens. Donc, suite à leur entêtement, le Ministère des Affaires Foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat vient de lancer la première phase des travaux de démolition des occupations illicites. Les opérations ont été engagées sous la surveillance d’un impressionnant dispositif sécuritaire mixte. C’est un domaine de l’Etat affecté aux Aéroports du Mali et classé suivant le Décret n°99-252/P-RM du 15 septembre 1999 qui a été illicitement morcelé et revendu par des réseaux de spéculateurs fonciers de Bamako…

Le jeudi 14 janvier 2021, à 7h05 du matin sur instruction confidentielle mais ferme du Président de la Transition (Lettre confidentielle (n°073/PRM du 12/10/2020), les Autorités compétentes ont lancé les opérations de démolition de toutes les constructions illicites sur la zone aéroportuaire de Bamako-Senou. Les Ministères des Affaires foncières, de l’Equipement, de la Sécurité et de la Justice, chacun en ce lui concerne, ont œuvré conjointement au lancement effectif de ces opérations sur le terrain.

Ainsi, très tôt le matin, les travaux ont été lancés. Ce fut à la surprise générale des occupants illégaux des lieux et leurs familles.

Pour l’exécution des opérations, ce sont six (6) machines Caterpillar, trois contingents de 225 Agents de sécurité, issus des unités de la Garde républicaine, de la Police et de la Gendarmerie nationale, qui ont été déployés sur le terrain pour permettre à l’Etat de récupérer ses Biens.

Suite à un Rapport de l’Inspection des Domaines et Affaires foncières, il a été établi que les occupations illicites se livrent ainsi à un acte d’occupation très dangereux pour la sécurité de l’espace aérien de la zone aéroportuaire. Le phénomène, s’il n’est pas éradiqué à temps opportun, risque même d’entrainer le retrait de l’Aéroport de Bamako de sa licence de l’Aviation civile internationale. Ce qui condamnerait les voyageurs maliens d’embarquer désormais à partir des Aéroports des autres pays de la Sous-région pour effectuer leur trafic.  « Ce retrait, s’il est intervenu priverait notre pays de vols internationaux et contraindrait pour ce faire nos voyageurs à utiliser les aéroports des pays voisins », lit-on dans une note technique distribuée à la presse par le Ministère des AffairesFoncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat.

Force doit rester à la loi

Couvrant une superficie de 7194 hectares, la zone aéroportuaire ainsi occupée illégalement est un domaine public appartenant à l’Etat malien mais pillé, morcelé et revendu allégrement par les Autorités communales en complicité avec des Sous-préfets, Préfets et des Gouverneurs du District de Bamako. Cela, en violation flagrante des dispositions règlementaires en vigueur pour la gestion et l’utilisation des domaines de l’Etat. Ce, à l’actif des acquéreurs professionnels spécialisés dans la spéculation foncière à Bamako. Mais, vu la fermeté des Autorités de la Transition, ceux-ci sont aujourd’hui dans les collimateurs de la justice pour qui force doit rester à la loi. Tous sont des occupants illicites. Surtout est-il que les Services compétents du Département des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat avaient déjà fait des constats administratifs sur l’irrégularité des occupations en question et les dangers pèsent sur l’Aéroport.

De son côté, le Gouvernorat du District de Bamako, après avoir pris conscience des risques et menaces qui sou tendent sur la sureté de notre aéroport au plan sécuritaire, a ordonné, le 21 mars 2019, la démolition pure et simple de ces constructions illicites sur la zone aéroportuaire. C’est dans ce cadre que les Départements des transports et des domaines ont programmé ces opérations de démolition et de libération de la zone aéroportuaire illicitement occupée. Sur ce programme établi, il avait été envisagé de commencer par la zone plus proche de l’Aéroport. Cette partie couvre une superficie de 1660 hectares (sur un total de 7194 hectares).

Les opérations devraient être exécutées depuis le 28 mai 2020. Mais, vu les tensions du climat social à l’époque, le Gouvernement d’alors a opté pour un report sine die le démarrage de déguerpissement des occupants illicites. Et c’est à l’issue de ce report, les trafiquants terriens ont intensifié l’occupation anarchique de la zone en revendant tout le reste de l’espace. C’est ce préjudice subi par l’Etat que les Autorités de la Transition tiennent à réparer en faisant déguerpir les occupants et démanteler les réseaux de spéculateurs fonciers afin d’éradiquer pour de bon phénomène.

Après plusieurs réunions, la Commission de supervision des opérations de la présente démolition a fixé la date butoir à ce jeudi 14 janvier 2021 pour tout démolir et dégager la « zone prioritaire ». C’est l’entreprise Africa construction (ACC) qui a la charge de l’exécution des opérations en cours. C’est un marché public d’un Budget cumulé à 320.888.628 F CFA.

Rappelons que lors de la première opération de déguerpissement intervenue en 1995, tous les occupants de la même zone aéroportuaire d’alors ont été dédommagés. Mais, avec la complicité des Autorités municipales et du District, ce sont les mêmes citoyens qui ont été approchés par usurpateurs des domaines de l’Etat pour y revenir et s’installer illicitement sur la zone.

Selon le Ministredes Affaires Foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Djonkè Traoré, qui était sur le terrain, ce jeudi, avec son collègue des Transports et de l’Equipement et celui, pour superviser le déroulement normal des travaux, les présentes opérations parties de cette zone vont continuer sur les zones dite ‘‘de trouée Est et Oust’’ et de part et d’autre de la route menant du centre-ville à l’Aéroport Senou. Sur cette lancée, les opérations de recensement et d’évaluation sont en cours.

Djankourou     

Source : L’Aube