La France envisage un “retrait” de ses troupes au Sahel

Les autorités françaises réfléchissent sérieusement à retirer leurs troupes engagées dans la région du Sahel.

Selon les dires d’un officier supérieur de l’Armée française, un retrait partiel des troupes françaises pourrait intervenir dans les semaines ou les mois à venir.

«Dès que je pourrai limiter le niveau d’engagement de mes armées, je le ferai», a déclaré le chef d’état-major des armées françaises, François Lecointre, lors d’une visite à Hombori (Mali), située en pleine zone des « trois frontières » entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Et l’officier français de préciser: «Il n’y aura pas de “désengagement” au Sahel, juste une “évolution” de cet engagement», selon le journal Le Monde.

Quant aux modalités de cet éventuel retrait, il dit non sans prudence : «Je ne sais pas à quel rythme, ni sous quels procédés [se fera cette évolution], mais ce sera durable.»

Ne pas laisser les Russes et Chinois occuper le vide

Pour l’officier français, il n’est visiblement pas question de laisser les Russes et les Chinois occuper le vide que les Français auraient laissé en cas d’un retrait partiel de leurs forces au Sahel.

«Il faut le faire intelligemment pour ne pas, notamment, que les Russes ou les Chinois viennent occuper le vide qu’on aura laissé», a-t-il prévenu, en attendant que le nouveau président américain Joe Biden donne des signaux vis-à-vis des engagements militaires de son pays en Afrique.

Selon la même source, «aucun calendrier n’est donc officiellement arrêté côté français pour annoncer une éventuelle réduction de la voilure au Sahel».

Rappelons que 5100 soldats français ont été déployés dans la région du Sahel dans le cadre de la lutte antiterroriste à travers deux principales opérations à savoir “Serval 2013” et “Barkhane en 2014”. Elles ont été lancées sous l’ancien président français François Hollande.

«Nous souhaitons que les Maliens nous aident à les aider. Il y a du travail », a lancé le chef d’état-major des armées françaises à la presse malienne à l’issue d’une rencontre avec le président de la transition Bah N’Daw, le 11 décembre, à Bamako.

Cet officier a regretté en effet un manque d’engagement franc de l’ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta, renversé par un coup d’Etat en août.

François Lecointre laisse entendre que la lutte antiterroriste dans la région du Sahel sera menée à l’aide des drones qui, selon lui, auraient «des risques de victimes collatérales limités».

D’après la même source, la France compte sur l’appui de ses partenaires. D’ailleurs, ces partenariats -en vigueur depuis de l’opération de Barkhane en 2014- se sont renforcés il y a deux ans avec l’apport de nouveaux hélicoptères anglais, danois, une poignée de militaires estoniens, et bientôt des contingents tchèque et suédois. Le tout sous la bannière d’une task force baptisée « Takuba ».

Source : Echourouk