Après plus de quinze ans d’interruption, le Salon international du tourisme de Bamako (SITOUR) revient du 12 au 14 novembre 2026 au Parc national de Bamako. Annoncé officiellement le 5 novembre lors d’une conférence de presse, cette cinquième édition a pour objectif de repositionner le Mali sur la carte touristique africaine et internationale, tout en stimulant les activités économiques du secteur.
Le Mali souhaite donner une nouvelle visibilité à son potentiel touristique. C’est pourquoi le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a annoncé la relance du Salon international du tourisme de Bamako (SITOUR), dont la dernière édition a eu lieu en 2011.
Prévue du 12 au 14 novembre 2026 au Parc national de Bamako, cette cinquième édition portera le thème « La résilience du tourisme africain face aux récentes mutations ». Elle intervient dans un contexte où les autorités veulent faire de la culture et du tourisme des leviers de diversification économique et de valorisation du patrimoine national.
Inscrit dans la vision « Mali Kura taasira ka ben san 2063 ma » et dans la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), le salon fait aussi partie de la dynamique de l’Année de l’Éducation et de la Culture 2026-2027.
Lors de la conférence de presse, M. Sidi Keita, représentant permanent du SITOUR et directeur général de l’Agence Mali Tourisme, a rappelé que le Mali est un carrefour culturel majeur en Afrique de l’Ouest.
Le Mali possède plusieurs sites et expressions culturelles inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme les villes historiques de Tombouctou et de Djenné, le sanctuaire naturel et culturel du Pays dogon, et le Tombeau des Askia. À ce patrimoine s’ajoutent des pratiques culturelles immatérielles, notamment les traversées des bœufs de Diafarabé et de Dialloubé, ainsi que le M’bolon.
Pour les organisateurs, le SITOUR doit offrir une vitrine à cette diversité culturelle et touristique. « Aujourd’hui, la vocation principale de ce salon est de vendre la destination Mali », a expliqué Sidi Keita.
Cette orientation se traduira notamment par une place importante accordée au contenu local, aux ateliers pédagogiques et à la gastronomie malienne, qui seront présentés comme les trois grandes innovations de cette édition.
Un secteur à relancer après des années de difficultés
La relance du SITOUR intervient après une longue période de recul du secteur touristique, affecté par les crises sécuritaires et sanitaires survenues depuis 2009.
Selon les données présentées par les organisateurs, le tourisme représentait en 2008 environ 3 % du produit intérieur brut (PIB) du Mali, avec 117 milliards de FCFA d’investissements et une croissance annuelle estimée à 10 %.
La reprise du salon vise plusieurs objectifs : restaurer l’image de la destination Mali à l’international, soutenir les activités de l’hôtellerie, de la restauration, de l’artisanat et du transport, et encourager le tourisme intérieur à travers le programme « Les Maliens visitent le Mali ».
Les organisateurs souhaitent également promouvoir une offre touristique commune et structurée dans l’espace de la Confédération des États du Sahel (AES).
La programmation accordera une place centrale aux régions du Mali. Chacune disposera d’un espace d’exposition de 36 m² destiné à présenter ses particularités architecturales, son artisanat, ses arts culinaires et son patrimoine matériel et immatériel.
Textile, bijouterie, maroquinerie et spécialités gastronomiques seront mis à l’honneur. Des groupes de six à dix artistes assureront quotidiennement l’animation des stands régionaux.
Le programme prévoit également des conférences-débats autour de deux problématiques majeures : la résilience du tourisme africain face aux mutations récentes et le rôle du marketing territorial dans la gestion des destinations touristiques en période de crise et de post-crise.
Une journée sera consacrée à la gastronomie malienne, avec la mise en valeur de plats traditionnels tels que le tô, le riz au gras, le fakoye, le woudjila, le tigadèguèna et le dèguè. Des circuits urbains permettront aux participants et aux professionnels des médias de découvrir des monuments et sites emblématiques du District de Bamako.
La cérémonie de clôture sera marquée par une soirée de prestige, la distinction de personnalités ayant contribué au développement du tourisme, la remise de prix aux meilleurs stands et un défilé mettant à l’honneur l’artisanat textile et la gastronomie locale.
Des facilités annoncées pour les exposants
Afin de favoriser la participation des régions et des professionnels du secteur, des mesures d’accompagnement exceptionnelles sont annoncées. Elles comprennent la gratuité des stands pour les régions et les professionnels du tourisme, la prise en charge des transferts entre l’aéroport, les hôtels et le salon, et l’hébergement des délégations officielles et des invités.
Les organisateurs annoncent la présence de 100 exposants et l’arrivée de délégations provenant de toutes les régions du Mali. Le document de présentation indique aussi la mobilisation de plusieurs milliers de visiteurs. Mais les chiffres varient : 10 000 visiteurs sont prévus dans l’annonce générale, tandis que 5 000 visiteurs apparaissent dans la fiche technique.
Au-delà de son aspect événementiel, le retour du SITOUR est un test important pour la capacité du Mali à remobiliser les acteurs touristiques et à promouvoir son patrimoine, même dans un contexte difficile.
En se concentrant sur les régions, sur le contenu local, la gastronomie et sur les échanges professionnels, cette cinquième édition veut faire du tourisme un moyen de rayonnement culturel et de dynamisation économique.
Il faut encore savoir si cette relance créera une dynamique durable, capable de renforcer l’attractivité du Mali, de soutenir les opérateurs et de transformer les richesses culturelles et naturelles du Mali en véritables opportunités économiques.
OB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 05/11/2026 by Ousmane BALLO
