La deuxième édition de la campagne nationale Novembre Bleu a été lancée le jeudi 5 novembre 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Le ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, a présidé l’ouverture. La initiative vise à renforcer la sensibilisation, à encourager le dépistage précoce et à améliorer la prise en charge du cancer de la prostate, dont le diagnostic arrive encore trop souvent à un stade avancé.
Après Octobre Rose, qui a été dédié à la lutte contre les cancers féminins, le Mali lance une nouvelle mobilisation sanitaire avec Novembre Bleu. Cette campagne nationale place la santé masculine au centre des préoccupations, en portant une attention particulière sur le cancer de la prostate.
Sous le thème « Le cancer de la prostate, un mal qui peut guérir : mobilisons-nous ! », la deuxième édition souhaite changer les comportements face à une maladie encore entourée de préjugés et de silences. Au CICB, les professionnels de santé, les responsables institutionnels et les participants étaient présents pour lancer cette mobilisation.
Lors de la cérémonie, l’urologue M. Tembely a insisté sur le besoin d’informer mieux les populations et de combattre certaines idées reçues. L’urologue M. Tembely a expliqué que le cancer de la prostate ne touche pas uniquement les personnes âgées. L’urologue M. Tembely a donc encouragé les hommes à rester vigilants et à consulter les professionnels de santé afin de favoriser une détection précoce.
Le témoignage de Souleymane Traoré, ancien malade du cancer, a marqué la rencontre. Souleymane Traoré a invité les hommes à ne pas attendre l’apparition de complications pour s’intéresser à leur état de santé. Souleymane Traoré a aussi plaidé pour renforcer les dispositifs sanitaires destinés à prévenir et à combattre le cancer de la prostate.
Dans son intervention, la ministre de la Santé et du Développement social a rappelé que le cancer de la prostate représente un vrai défi de santé publique au Mali. L’une des principales difficultés reste le diagnostic tardif, qui compromet les chances de traitement et de guérison.
Pour soutenir cette préoccupation, elle a cité les données du Service d’urologie du CHU du Point G, où 43,42 % des cancers de la prostate diagnostiqués sont déjà au stade métastatique.
Face à ce constat, Assa Badiallo Touré a exhorté les hommes de 50 ans et plus à dépasser les barrières socioculturelles et les appréhensions liées au dépistage. Assa Badiallo Touré a déclaré que la prévention doit devenir un réflexe et que la consultation médicale ne doit plus être retardée par la gêne ou la peur du diagnostic.
« Se faire dépister n’est pas un signe de faiblesse, c est un acte de courage et de responsabilité envers soi-même, envers ses enfants et envers la patrie », a-t-elle souligné.
Des objectifs renforcés pour la deuxième édition
Le bilan de la première édition, organisée en 2025, montre les efforts réalisés et le chemin qui reste à parcourir. Selon la ministre, 832 hommes ont été dépistés alors que l’objectif initial était de 2 000. La clinique mobile a joué un rôle déterminant en assurant près de 59 % des dépistages réalisés.
Pour cette deuxième édition, les autorités sanitaires ont fixé des ambitions plus élevées. Le programme prévoit de sensibiliser 800 000 personnes grâce à une campagne multimédia, de former 100 prestataires de santé, d’orienter 50 professionnels des médias sur les enjeux du cancer de la prostate et d’assurer le dépistage gratuit d’au moins 2 000 hommes.
Ces objectifs montrent la volonté d’élargir la sensibilisation, de renforcer les capacités des acteurs sanitaires et de rapprocher les services de dépistage des populations.
Au-delà de la campagne de communication, Novembre Bleu soulève la question de l’accès à l’information, au dépistage et à une prise en charge adaptée. La lutte contre le cancer de la prostate ne peut reposer uniquement sur les structures sanitaires : elle nécessite aussi l’implication des familles, des médias, des communautés et des hommes eux-mêmes.
Avec cette deuxième édition, le ministère de la Santé et du Développement social veut consolider les actions de prévention et favoriser une culture de consultation médicale précoce. L’enjeu est de réduire les retards de diagnostic et d’améliorer les chances de prise en charge des patients.
La réussite de cette mobilisation dépendra désormais de la capacité à transformer les messages de sensibilisation en comportements durables.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 05/11/2026 by Ousmane BALLO
