Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026 a été rejeté, mardi 3 novembre, par l’Assemblée nationale sénégalaise. Contestant notamment les réductions de crédits dans des secteurs sociaux comme la santé et l’éducation, une majorité de députés a voté contre le texte gouvernemental. Cette décision fait planer une incertitude sur le financement de 2,2 milliards de dollars attendu du Fonds monétaire international (FMI).
Coup dur pour le gouvernement sénégalais sur le terrain budgétaire. L’Assemblée nationale a rejeté, mardi 3 novembre 2026, le projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative pour l’année en cours. Le texte, présenté par le gouvernement, n’a pas obtenu le soutien de la majorité des parlementaires ayant pris part au vote.
Sur les 149 députés ayant voté, 126 se sont prononcés contre le projet, tandis que 20 l’ont approuvé. Trois parlementaires se sont abstenus. Ce résultat traduit une opposition parlementaire importante aux nouvelles orientations budgétaires proposées par l’exécutif.
Les députés ayant rejeté le texte ont notamment dénoncé ce qu’ils considèrent comme un budget insincère. Leurs critiques portent particulièrement sur les réductions de crédits prévues dans plusieurs secteurs sociaux essentiels, notamment la santé et l’éducation.
Ces arbitrages budgétaires ont constitué l’un des principaux points de désaccord entre les parlementaires et le gouvernement. Pour les opposants au projet, les ajustements proposés ne répondent pas suffisamment aux priorités sociales du pays.
Le rejet intervient dans un contexte de fortes discussions autour des choix économiques et financiers du gouvernement, alors que la loi de finances rectificative doit permettre d’adapter les prévisions budgétaires aux nouvelles réalités de l’exercice 2026.
Au-delà de ses conséquences sur la gestion des finances publiques, le rejet du projet de loi pourrait également avoir des répercussions sur les perspectives de financement extérieur du Sénégal.
En effet, cette décision parlementaire intervient alors que le pays attend un financement de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1,93 milliard d’euros, du Fonds monétaire international.
Le rejet du budget rectificatif fait ainsi peser une incertitude sur les perspectives de mobilisation de cette enveloppe financière. Toutefois, les éléments disponibles ne permettent pas d’affirmer que le vote parlementaire entraîne automatiquement la suspension ou l’annulation de ce financement.
Le scrutin constitue un revers pour l’exécutif, dont le projet de réajustement budgétaire n’a pas convaincu la majorité des députés ayant participé au vote.
Dans un contexte où les équilibres financiers et les dépenses sociales occupent une place centrale dans le débat public, ce rejet ouvre une nouvelle séquence de discussions entre le gouvernement et les parlementaires.
L’enjeu sera désormais de trouver une issue à cette impasse budgétaire, tout en préservant les dépenses jugées prioritaires et en rassurant les partenaires financiers du Sénégal.
Entre exigences de discipline budgétaire, préoccupations sociales et attentes vis-à-vis du FMI, le gouvernement devra composer avec un environnement politique et économique particulièrement sensible.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 04/11/2026 by Ousmane BALLO
