Mali : l’UNTM et le CNPM contre la démarche du Gouvernement dans la lutte contre le COVID-19

Le secrétaire général de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba KATILE, et le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mamadou Sinsy COULIBALY, ont conjointement animé ce jeudi 30 avril 2020 une conférence de presse sur le Plan de continuité des affaires face au COVID-19 dans les locaux du CNPM. Au cours des échanges avec les hommes de média, les deux responsables ont dénoncé l’exclusion des partenaires sociaux dans la lutte contre le coronavirus.

 Dans son intervention, Yacouba KATILE, a déploré la démarche de l’Etat. Si ailleurs, les partenaires sociaux ont été associés aux initiatives à prendre face à la pandémie du COVID-19, au Mali, a-t-il fait constater, cela n’a pas été le cas. «Nous avons constaté qu’il y a des insuffisances. Il faut aller plus loin pour véritablement prendre en compte les impacts économiques de cette crise»,a-t-il dit.

De son côté, Mamadou Sinsy COULIBALY a dénoncé une cacophonie. «Nous sommes face à un Gouvernent où il n’y a pas de solidarité gouvernementale». Selon lui, le secteur privé a été déçu dès le début avec le faux bon du ministre de la Santé et des affaires sociales, Michel SIDIBE. Il était question de mettre en place une coalition du secteur privé contre le coronavirus qui devrait travailler avec le ministère de la Santé. Ce jour, rappelle Mamadou Sinsy COULIBALY, ils ont réuni les principes acteurs et des partenaires sociaux afin qu’ils puissent partager avec notre pays leur expérience dans la prise en charge contre le covid-19. Faute d’indisponibilité du ministre de la santé, l’initiative est arrêtée à la phase projet.

Mais, le président du CNPM est clair : « Michel SIDIBE a joué avec le secteur. Le ministre de la Santé nous a utilisés pour faire croire qu’il est en phase avec le secteur privé lors de la cérémonie de lancement de la coalition du secteur privé contre le covid-19. C’est faux. Après cette rencontre, le ministre ne nous a plus consultés. Je l’ai appelé au moins quatre fois en vain», a fustigé Mamadou Sinsy COULIBALY.

Selon lui, le gouvernement, à travers le ministre de la santé, s’est servi du secteur privé et est train de gérer avec amateurisme la crise du covid-19.  D’après lui, tant qu’il ne change pas de méthode l’après coronavirus sera très dur pour le pays. « Le Mali va sortir très affaibli de cette crise au plan économique sans compter l’augmentation du taux de chômage », a prévenu M. COULIBALY.

Face au Déficit de concertation autour de la question, les deux organisations émettent des doutes sur l’efficacité des mesures qui faut, forcément, renforcer si on veut éviter une crise économique.

Pour rectifier le tir, les deux organisations ont élaboré une plateforme intitulée « Les propositions de mesures des partenaires sociaux (CNPM-UNTM) dans le cadre de la mise en œuvre d’un Plan de continuité des affaires face au COVID-19», qui a été soumis à l’appréciation du Gouvernement.

Ce document, selon ses auteurs, constitue la contribution de ces deux organisations syndicales aux efforts déployés au plan national pour juguler les conséquences de la pandémie du COVID 19 qui sévit dans notre pays depuis déjà deux mois.

Face à la situation, le front des faitières des employeurs et des travailleurs ont proposé, notamment la mise en place d’un comité paritaire de suivi de l’application des mesures fiscales, économiques et financières prises dans le cadre de la crise du covid-19 ; l’apurement intégrale de la dette intérieure de l’Etat dans le cadre de la relance économique ; l’implication des partenaires sociaux dans la gestion des subventions octroyées au secteur agricole.                                                                                                                                   Au plan social, les deux parties recommandent la prise en charge par l’Etat ou tout mécanisme approprié, des congés maladies des travailleurs atteints du covid-19, ou ceux mis en quarantaine ; la prise en charge de l’Etat des salaires des entreprises contraintes de réduire le personnel ou de former momentanément afin de sauvegarder les emplois.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali