VIème législature : les hostilités s’annoncent très rudes !

Après la proclamation des résultats provisoires par le ministre de l’Administration territoriale, Boubacar Alpha Bah, le 22 avril 2020,  les concertations ont commencé de manière clanique et clandestine entre les honorables fraîchement élus, pour la mise en place du tout nouveau bureau de la sixième législature de notre pays.

Pour ce nouveau bureau de l’Assemblée nationale, il y aura forcément une surprise. Les choses risquent de ne pas être comme avant. En tête avec 43 députés sur les 147, le parti au pouvoir, le Rassemblement Pour le Mali (RPM) qui a perdu 23 sièges de la  dernière législature, va vouloir toujours garder la présidence de l’hémicycle. Par contre l’Adema PASJ qui avait 16 sièges en a glané jusqu’à 22 cette année. De même, l’URD a gagné deux sièges de plus par rapport à la législature dernière (19 contre 17). L’on note également l’arrivée avec force d’autres formations politiques  comme le MPM avec 11 sièges ; l’ASMA, 9 sièges ; l’ADP, 8 sièges ; la CODEM, 6 sièges…

Certes, le RPM reste majoritaire avec 21 sièges en avance sur l’Adema PASJ, deuxième et domine également le troisième, l’URD, avec 24 sièges, mais cette différence ne servira à grand-chose que si le parti reste soudé et montre sa bonne foi aux autres formations politiques présentes dans l’hémicycle dont il pourra toujours bénéficier du soutien. Ce qui est sûr, la chance du parti présidentiel de pouvoir emmener avec lui tous les mêmes partis de la cinquième législature est déjà réduite. D’autant plus que le président de la République est à son dernier mandat qui prendra fin avant celui des députés. Donc, aucune contrainte politique ne peut désormais permettre au RPM d’imposer facilement ses lois cette fois-ci sur les autres à l’Assemblée.

C’est pourquoi, la mise en place du nouveau bureau sera très décisive pour le parti au pouvoir. Et même si le RPM arrive à se renforcer avec d’autres partis pour garder la présidence, les choses ne peuvent plus être comme la dernière législature. Car, ce n’est plus du tout un président non charismatique qui pourra diriger cette sixième législature.

Ousmane BALLO

Source : Ziré