Bougouni : Adama Doumbia, un enseignant qui fait de l’agriculture un levier de souveraineté alimentaire

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Bougouni, le 17 octobre 2026 – Professeur d’enseignement secondaire normal, Adama Doumbia s’investit pleinement dans l’agriculture pour contribuer à la souveraineté alimentaire du Mali. À l’invitation de la coopérative Dunkafa de Karakara, le directeur régional de l’Agriculture de Bougouni et son équipe ont visité son exploitation agricole, qui compte 19 hectares de maïs de différentes variétés et deux hectares de riz. À travers cette initiative, ce producteur entend démontrer que l’agriculture constitue un pilier essentiel de l’indépendance économique et alimentaire du pays.

Diplômé de l’École normale supérieure de Bamako, Adama Doumbia est professeur d’enseignement secondaire normal. Après sa formation académique, il s’est également formé aux techniques agricoles auprès du secteur de l’Agriculture de Bougouni et du paysan Fousseyni Mariko, alias Solo Fousseyni.

Aujourd’hui, il dirige une coopérative qui exploite plus de 150 hectares de terres agricoles. Un engagement qui témoigne de sa volonté de mettre ses compétences au service du développement local et de la production agricole.

Interrogé sur les raisons de son engagement dans ce secteur, Adama Doumbia explique que son intérêt est né à la suite d’un voyage au cours duquel il a été influencé par une personne.

« Je me suis retrouvé dans cette situation. Cela m’a permis de comprendre que nous pouvons mettre nos compétences à profit dans n’importe quel domaine porteur », souligne-t-il.

Pour lui, l’agriculture représente une véritable opportunité de valorisation des compétences, au-delà des parcours professionnels classiques.

Concernant l’appui des autorités, Adama Doumbia affirme avoir bénéficié de l’accompagnement des services techniques chargés de soutenir les producteurs agricoles.

Il salue notamment l’engagement du chef du secteur de l’Agriculture de Bougouni, du directeur régional de l’Agriculture ainsi que du gouverneur de la région en faveur de la valorisation de la politique agricole.

Il estime que la visite du ministère de l’Agriculture à Bougouni constitue également une illustration de l’intérêt accordé au développement de ce secteur.

S’agissant de son rapport avec la Chambre d’agriculture, il précise qu’il ne figure pas officiellement parmi ses membres, tout en affirmant partager ses orientations. Selon lui, il est possible de contribuer à une mission collective dès lors que les objectifs et les orientations sont clairement définis.

La souveraineté alimentaire, une ambition politique, économique et sociale

Pour Adama Doumbia, les motivations qui sous-tendent son engagement agricole sont multiples. Sur le plan politique, il souhaite montrer à ses compatriotes que la souveraineté nationale doit s’appuyer sur une véritable autosuffisance alimentaire, fondée sur la production locale. Il plaide pour un Mali capable de nourrir sa population sans dépendre excessivement de l’extérieur.

Sur le plan économique, il considère l’agriculture comme un moyen de consolider l’économie nationale et de contribuer à sa stabilité.

Sur le plan social, il estime qu’une alimentation sécurisée et accessible à l’ensemble de la population peut favoriser la cohésion sociale sur toute l’étendue du territoire national.

Sur le plan culturel, il rappelle que l’agriculture est un héritage familial transmis par ses parents, qui n’avaient pas suivi de formation académique dans ce domaine. Pour lui, cet héritage constitue une véritable école de formation pratique, fondée sur le travail, l’autonomie et la capacité de produire pour subvenir à ses besoins.

À l’endroit de ses collègues enseignants et de l’ensemble des Maliens, Adama Doumbia lance un appel à l’engagement dans plusieurs secteurs afin de rendre concrète la souveraineté recherchée par le pays. « La lutte doit être ouverte sur plusieurs fronts pour rendre plus concrète la souveraineté que nous recherchons aujourd’hui », affirme-t-il.

Il rappelle que cette souveraineté est à la fois éducative, économique et sécuritaire. Si l’éducation permet de former les citoyens et de transmettre les compétences, l’économie doit garantir la création de richesses, tandis que la sécurité demeure indispensable au développement de tous les secteurs d’activité.

Enfin, Adama Doumbia assure que la dynamique agricole engagée dans la région de Bougouni peut contribuer à renforcer la production locale et à améliorer l’autosuffisance alimentaire.

À travers son parcours, cet enseignant devenu producteur agricole illustre ainsi une conviction forte : la souveraineté alimentaire se construit d’abord dans les champs, grâce à l’engagement des producteurs et à la valorisation des ressources nationales.

Aly Badra Keita (A.B.K.)/Afrikinfos-mali 

Last Updated on 04/11/2026 by Ousmane BALLO

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