La mobilisation de ressources financières pour améliorer l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans les établissements de santé au Mali demeure une priorité pour les acteurs du secteur. Réunis le 30 octobre 2026 à la Direction générale de la Santé et de l’Hygiène publique, dans le cadre de la Task Force, la CN-CIEPA/WASH, les représentants du ministère de la Santé et de WaterAid Mali ont évalué les avancées du processus de plaidoyer et identifié les actions nécessaires pour consolider les engagements. La rencontre a été clôturée par la remise officielle du document de plaidoyer au conseiller technique Amadoun Dicko.
Garantir l’accès à l’eau potable, à des installations sanitaires adaptées et à de bonnes conditions d’hygiène dans les établissements de santé est une exigence fondamentale pour la qualité des soins. Au Mali, cette problématique reste toutefois confrontée à des insuffisances de financement et à des difficultés dans la mise en œuvre des engagements pris par les différents acteurs.
Face à ce constat, la Coalition nationale – Campagne internationale pour l’eau potable et l’assainissement (CN-CIEPA/WASH), en collaboration avec la Task Force et avec l’appui de WaterAid Mali, poursuit son plaidoyer auprès des autorités sanitaires et des partenaires afin de faire du WASH une priorité effective des politiques publiques de santé.
C’est dans cette dynamique qu’une rencontre bilan s’est tenue le 30 octobre 2026 à la Direction générale de la Santé et de l’Hygiène publique. L’objectif était de faire le point sur les actions conduites, d’apprécier les résultats obtenus, d’identifier les difficultés persistantes et de dégager de nouvelles perspectives pour renforcer le financement du WASH dans les établissements de santé.
Dans sa communication, le Directeur exécutif de la CN-CIEPA/WASH, Boureima Tabalaba, a rappelé que l’accès à des services adéquats d’eau, d’hygiène et d’assainissement constitue un enjeu majeur de santé publique. Au-delà des infrastructures, il s’agit, selon l’esprit de son intervention, d’une condition indispensable à la prévention des infections, à la sécurité des soins et à la protection des patients comme du personnel soignant.
Il a présenté les principales actions menées dans le cadre du processus de plaidoyer, notamment les échanges avec les autorités sanitaires, les audiences auprès des décideurs publics, la mobilisation des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers, ainsi que les activités de sensibilisation sur les liens entre le WASH et la santé maternelle et néonatale.
La promotion de l’intégration du WASH dans les plans et budgets sanitaires constitue également un axe majeur de cette démarche. À ce titre, la validation d’un document de plaidoyer en mars 2026 représente une étape importante pour accélérer la mise en œuvre des recommandations issues des États généraux de la santé et renforcer la prise en compte de ces enjeux dans les politiques publiques.
Des acquis, mais des insuffisances à corriger
Le bilan présenté fait ressortir plusieurs avancées. Il s’agit notamment de la disponibilité de documents techniques et stratégiques destinés aux acteurs publics, privés et aux organisations de la société civile, de la visibilité accrue du WASH dans les établissements de santé et du renforcement du dialogue entre les secteurs de la santé, de l’eau et de l’assainissement.
La participation à l’élaboration et à la mise en œuvre des axes de la feuille de route nationale WASH/PCI constitue également un acquis important. Cette dynamique a favorisé une meilleure coordination entre les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile et les membres de la Task Force.
Cependant, plusieurs difficultés continuent de freiner les ambitions du processus. Parmi elles, figurent le faible suivi des engagements et des recommandations, l’insuffisance des moyens financiers pour mesurer les résultats et l’absence de ressources suffisamment conséquentes et spécifiquement affectées à la mise en œuvre de la feuille de route.

La mobilisation des partenaires financiers reste également un défi, notamment en raison de l’incertitude entourant certains engagements à long terme. Les contraintes d’agenda des responsables sanitaires compliquent par ailleurs la tenue régulière des rencontres de suivi.
Prenant la parole à cette occasion, le Directeur général de la Santé et de l’Hygiène publique, Cheick Amadou Tidiane Traoré, a salué l’initiative de la CN-CIEPA/WASH et de ses partenaires. Il a notamment rappelé que le plaidoyer doit permettre à chaque acteur de prendre ses responsabilités et de contribuer à l’amélioration des conditions d’hygiène dans les établissements de santé.
Un autre conseiller technique du département a également exprimé sa reconnaissance envers la société civile et la Task Force pour leur engagement. Il a notamment évoqué les efforts ayant contribué à l’inscription de l’accès à l’eau comme un droit fondamental dans la nouvelle Constitution.
Pour sa part, Amadoun Dicko, conseiller technique au ministère de la Santé et du Développement social, a estimé que les préoccupations défendues par la Task Force sont désormais entendues à différents niveaux de responsabilité.
Reconnaissant que le financement de la feuille de route reste encore insuffisant, il a néanmoins relevé des signes d’évolution encourageants. Il a également évoqué les initiatives de valorisation des bonnes pratiques dans les structures sanitaires, notamment le prix ASSACAWA, tout en encourageant les acteurs à poursuivre leurs efforts.
« On ne peut pas parler de qualité des soins si l’eau et l’hygiène ne sont pas disponibles », a-t-il insisté, soulignant ainsi le caractère incontournable des services WASH dans l’amélioration de la prise en charge des patients.
La mobilisation des financements au cœur des prochaines étapes
Au terme des échanges, plusieurs orientations ont été retenues pour consolider les acquis. Les acteurs entendent poursuivre les actions de plaidoyer, renforcer le suivi des engagements et recommandations, organiser des rencontres périodiques entre les membres de la Task Force et les responsables chargés du WASH, et consolider la collaboration entre le ministère de la Santé et les autres départements concernés.
L’élargissement du cercle des partenaires financiers, le renforcement des capacités des acteurs et l’intensification des campagnes de mobilisation de ressources pour financer la feuille de route nationale figurent également parmi les priorités.
Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de passer progressivement des engagements institutionnels à des actions concrètes, soutenues par des ressources financières suffisantes et durables.
La rencontre a pris fin par la remise officielle du document de plaidoyer au conseiller technique du ministère de la Santé et du Développement social, Amadoun Dicki. Ce geste symbolise la volonté de la CN-CIEPA/WASH et de ses partenaires de maintenir le dialogue avec les autorités sanitaires et de renforcer leur implication dans la promotion du WASH en milieu de soins.
À travers cette démarche, les acteurs entendent faire de l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement une réalité durable dans les établissements sanitaires du Mali.
Au-delà des acquis enregistrés, le défi reste désormais celui de la mobilisation des financements, de la responsabilisation des parties prenantes et du suivi effectif des engagements. Car l’amélioration de la qualité des soins ne peut être pleinement envisagée sans des structures sanitaires disposant d’eau potable, d’installations d’hygiène et de services d’assainissement adaptés.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 02/11/2026 by Ousmane BALLO
