Niamey et Madaouela Mining Company (MAMICO) ont signé, mercredi 23 septembre 2026, une nouvelle convention minière pour la reprise et le développement du projet d’uranium de Madaouela. La participation de l’État nigérien passe de 10 % à 40 %, tandis qu’Atomic Eagle conserve les 60 % restants et le contrôle opérationnel du projet.
Le projet d’uranium de Madaouela entre dans une nouvelle phase. À Niamey, l’État du Niger et la Madaouela Mining Company (MAMICO) ont officialisé un accord destiné à permettre la reprise et le développement du projet, après plusieurs années marquées par un différend autour du permis d’exploitation.
La nouvelle convention modifie notamment la structure de participation au capital. L’État nigérien détiendra désormais 40 % du projet, contre 10 % dans la configuration précédente, les 60 % restants revenant à Atomic Eagle, qui assurera le contrôle opérationnel.
L’accord a été signé par le ministre des Mines, le Commissaire-Colonel Abarchi Ousmane, au nom de l’État, et Hoskins Philip Ross, directeur général de MAMICO SA/GoviEx, représentant Atomic Eagle et Madaouela Mining Company.
Cette signature intervient après le retour au domaine public de l’État, en juillet 2024, du permis de grande exploitation minière d’uranium « Madaouela I », conformément au décret n°2024-474/P/CNSP/MM du 31 juillet 2024.
Cette décision avait donné lieu à un différend entre les autorités nigériennes et l’ancien détenteur du permis, GoviEx, qui avait engagé une procédure d’arbitrage international.
Selon le ministre des Mines, des discussions techniques, juridiques et économiques ont ensuite été engagées afin de rechercher une solution permettant de préserver les intérêts de l’État tout en créant les conditions nécessaires à la relance du projet.
Le Conseil des ministres a ainsi approuvé, le 21 août 2026, la réattribution du permis « Madaouela I » à MAMICO.
La nouvelle convention vient désormais formaliser cette réorganisation et poser le cadre de développement du projet.
10 millions de dollars de redevance initiale
Outre la nouvelle répartition des participations, l’accord prévoit le versement à l’État nigérien d’une redevance initiale forfaitaire de 10 millions de dollars.
La convention comprend également des engagements portant sur le renforcement des capacités de l’administration minière et le développement local.
Pour Niamey, l’enjeu dépasse donc la seule participation au capital. Il s’agit également de faire du projet minier une source de recettes, d’emplois et d’activités économiques pour les entreprises nationales.
Le projet devrait contribuer à la création d’environ 1 000 emplois, avec une attention particulière accordée aux jeunes Nigériens.
Les autorités annoncent également une priorité aux entreprises locales pour la fourniture de biens et services, conformément aux exigences du contenu local.
Cette orientation vise à favoriser la création d’un écosystème économique autour du projet : sous-traitance, services, formation professionnelle, fourniture de biens et développement des compétences nationales.
Pour le ministre des Mines, la performance d’un projet minier ne doit pas seulement être mesurée par son niveau de production, mais également par sa capacité à générer des effets durables sur l’économie nationale.
Il a notamment appelé à faire du contenu local un instrument de transformation économique à travers la formation, le transfert de compétences et le développement d’entreprises nigériennes autour de l’activité minière.
Du côté d’Atomic Eagle, la nouvelle convention est présentée comme un cadre destiné à donner davantage de visibilité aux investisseurs et aux partenaires financiers.
Hoskins Philip Ross a estimé que l’accord fournit le cadre juridique, fiscal et opérationnel nécessaire au développement de Madaouela et facilite les décisions d’investissement à long terme ainsi que la mobilisation de financements internationaux.
Le responsable de MAMICO a également indiqué qu’Atomic Eagle cherchera à mobiliser les investissements et financements nécessaires au développement du projet.
Cette étape est déterminante pour un projet qui nécessite des capitaux importants avant toute mise en production. La capacité à réunir les financements, à sécuriser le calendrier de développement et à maîtriser les coûts constituera donc un facteur essentiel de sa concrétisation.
Du contentieux au partenariat
Pour les autorités nigériennes, la signature marque le passage d’une période de contentieux à une nouvelle phase de partenariat entre l’État et l’opérateur privé.
Le ministre des Mines a insisté sur la nécessité d’une exploitation à la fois performante sur le plan technique, viable économiquement, responsable sur le plan social et maîtrisée sur le plan environnemental.
Il a également souligné que Madaouela ne devrait pas fonctionner comme une « enclave économique », mais être davantage connectée au tissu productif national.
De son côté, Hoskins Philip Ross a présenté la signature comme le début d’un partenariat destiné à transformer le projet en activité minière génératrice de retombées durables pour les populations nigériennes.
Avec une participation publique portée à 40 %, une redevance initiale de 10 millions de dollars et la perspective d’environ 1 000 emplois, le projet Madaouela constitue désormais un dossier important de la politique minière du Niger.
Sa réussite dépendra toutefois de plusieurs facteurs : mobilisation des financements, conditions techniques d’exploitation, respect des engagements contractuels, développement du contenu local et prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux.
La nouvelle convention ouvre ainsi une nouvelle étape pour Madaouela. L’enjeu, pour les deux parties, sera désormais de transformer le cadre juridique conclu à Niamey en investissements, en production et en retombées économiques concrètes pour le Niger.
IT / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 24/09/2026 by Ousmane BALLO
