Crise humanitaire : Plus de 731 000 déplacés

à la une Accueil Actualités Au Mali Flash infos Infos en continus Société

Le Mali compte plus de 731 000 réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées internes. Au 31 août 2026, 317 188 réfugiés et demandeurs d’asile étaient enregistrés dans le pays, auxquels s’ajoutent 414 524 déplacés internes. En visite à Bamako, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Salih, a échangé avec les autorités maliennes sur une nouvelle approche fondée sur l’inclusion et l’autonomisation des populations concernées.

Les violences persistantes dans plusieurs pays du Sahel continuent d’alimenter les mouvements de populations dans la région. Le Mali se retrouve ainsi au cœur de cette dynamique, à la fois comme pays d’accueil et comme pays d’origine de milliers de personnes contraintes de fuir leur lieu de résidence.

Selon les données présentées aux autorités, le pays accueille 317 188 réfugiés et demandeurs d’asile et compte 414 524 personnes déplacées internes. À ces chiffres s’ajoutent 90 412 personnes rapatriées, ayant regagné le territoire malien.

La situation dépasse toutefois les frontières nationales. Quelque 338 369 Maliens vivent encore comme réfugiés dans d’autres pays, illustrant l’ampleur régionale des déplacements liés aux crises sécuritaires et humanitaires.

Ces chiffres ont été présentés lors d’une rencontre entre Barham Salih et cinq membres du gouvernement malien chargés notamment de l’Administration territoriale, de la Justice, de la Santé, de la Jeunesse et de l’Emploi.

Arrivé à Bamako lundi 14 septembre, le Haut-Commissaire du HCR effectue une visite officielle qui doit se poursuivre jusqu’au 16 septembre. Les discussions portent notamment sur la nécessité de faire évoluer progressivement la réponse humanitaire, en passant d’une logique essentiellement fondée sur l’assistance d’urgence à une approche privilégiant l’inclusion et l’autonomisation.

L’objectif est de favoriser l’accès des réfugiés et des personnes déplacées à des services et opportunités leur permettant de retrouver davantage d’autonomie. L’éducation, la santé, l’accès aux documents d’identité, la formation professionnelle, l’emploi, l’entrepreneuriat et la protection sociale figurent parmi les secteurs prioritaires.

La forte proportion de jeunes parmi les populations réfugiées constitue à la fois un défi et une opportunité. Selon les données présentées lors de la rencontre, près de 80 % des réfugiés accueillis au Mali sont des jeunes.

Pour Barham Salih, leur intégration passe notamment par le renforcement du dialogue avec les communautés d’accueil. Le sport et l’éducation citoyenne sont notamment envisagés comme des leviers susceptibles de favoriser la cohésion sociale et de réduire les tensions entre populations déplacées et communautés hôtes.

Le Burkina Faso, principal pays d’origine des réfugiés

Les dernières données détaillées du HCR montrent l’importance de la pression exercée par les crises dans les pays voisins. 69,1 % des réfugiés enregistrés au Mali sont originaires du Burkina Faso, contre 21,5 % du Niger et 8,1 % de la Mauritanie.

Les régions de Mopti, Gao et Ménaka concentrent une grande partie de ces populations, mettant davantage à contribution les services sociaux et les communautés qui les accueillent.

À cette pression s’ajoutent les difficultés liées à l’identité juridique et au risque d’apatridie. L’absence ou la difficulté d’obtenir certains documents peut en effet limiter l’accès aux services essentiels, compliquer les démarches administratives ou encore entraver le retour dans le pays d’origine.

Face à la persistance des besoins, le financement de la réponse humanitaire demeure un enjeu majeur. En mai dernier, le HCR avait lancé un appel pour mobiliser 5,6 millions de dollars de financements flexibles supplémentaires jusqu’à la fin de 2026.

Ces ressources doivent notamment contribuer à renforcer la protection des populations vulnérables, les capacités de surveillance des risques, l’accès aux documents d’identité, la fourniture d’abris et de biens essentiels, ainsi que la préparation à d’éventuels nouveaux déplacements.

Durant son séjour au Mali, Barham Salih doit également rencontrer des réfugiés, des membres des communautés d’accueil et les équipes du HCR. Ces échanges devraient permettre de mieux cerner les besoins prioritaires et d’identifier, avec les autorités maliennes et les partenaires internationaux, des réponses plus durables.

Au-delà de l’urgence humanitaire, le défi consiste désormais à créer les conditions permettant aux populations déplacées de retrouver leur autonomie, accéder aux services essentiels et participer pleinement à la vie économique et sociale de leurs communautés d’accueil.

Cette structuration convient particulièrement à un article web d’actualité nationale et humanitaire, avec un angle fort sur le passage de l’aide d’urgence vers des solutions durables.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *