Bougouni, 12 septembre 2026. La région de Bougouni a procédé, le samedi 12 septembre 2026, au lancement officiel des activités du Mois du Tourisme, placé sous le signe de la promotion du tourisme interne et de la valorisation du patrimoine culturel.
La cérémonie s’est tenue sur le site du Festival International Didadi, en présence des autorités administratives, politiques, culturelles et traditionnelles de la région. Elle était présidée par Monsieur Amadou Diabaté, chargé de mission et représentant du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Monsieur Mamou Daffé.
Le Gouverneur de la région de Bougouni, le Général de Brigade Ousmane Wélé, a également pris part à cette cérémonie aux côtés des autorités locales, des légitimités traditionnelles, des acteurs culturels et des forces de défense et de sécurité.
Placée sous le thème national « Le Tourisme, un levier pour le développement de nos territoires », cette journée de lancement a été marquée par plusieurs activités destinées à promouvoir les richesses naturelles, culturelles et historiques de la région.
Au programme figuraient notamment une activité de reboisement sur le site du Festival Didadi, la visite des stands d’exposition de produits artisanaux, une conférence-débat sur la citoyenneté, ainsi que la découverte de plusieurs sites touristiques et infrastructures culturelles.
Les participants ont notamment visité la salle Hadja Déni du Complexe Siraba Togola et le stade Moussa Diakité dit UTA, deux infrastructures appelées à accueillir la prochaine Biennale Artistique et Culturelle, prévue à Bougouni en 2027.
L’organisation de cette journée a été assurée par la Direction régionale de l’Hôtellerie et du Tourisme, dirigée par Madame Asta Coulibaly, en collaboration avec les Directions régionales de l’Artisanat et de la Culture, avec l’appui de Monsieur Seydou Coulibaly, Directeur du Festival International Didadi.
Danbé Bulon 2 : un espace dédié à la transmission des valeurs
Le principal temps fort de la cérémonie a été la tenue de la deuxième édition de « Danbé Bulon », également dénommée « Le Vestibule des Valeurs ».
Cette rencontre culturelle a constitué un espace de dialogue, de transmission et de réflexion autour des valeurs traditionnelles et sociales maliennes. Les échanges étaient placés sous le thème « Malidenkura ».
Plusieurs personnalités issues de la tradition orale et du monde académique ont animé les différentes sessions. Il s’agit notamment de Monsieur Golé Tounkara, communicateur traditionnel, de Monsieur Bourama Soumano, communicateur traditionnel, du Docteur Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur, et de Monsieur Ousmane Diabaté, communicateur traditionnel.
À travers leurs interventions, les conférenciers ont expliqué les origines, les fondements et le fonctionnement du Bulon dans la société traditionnelle malienne. Ils ont également insisté sur l’importance de la sauvegarde des valeurs culturelles face aux mutations sociales et aux influences extérieures.
Les intervenants ont salué les efforts des autorités régionales en faveur du développement de Bougouni et ont appelé la jeunesse malienne à jouer pleinement son rôle dans la préservation du patrimoine culturel, la consolidation de la paix et le renforcement de l’unité nationale.
Le Gouverneur appelle à la valorisation du patrimoine culturel
Prenant la parole, le Gouverneur de la région de Bougouni, le Général de Brigade Ousmane Wélé, a remercié les organisateurs ainsi que les différents acteurs ayant contribué à la réussite de cette activité.
Il a également salué l’engagement des plus hautes autorités du pays en faveur de la culture, du tourisme et de la promotion du patriotisme dans le cadre de la construction du Mali Kura.
Le chef de l’exécutif régional a félicité la délégation ministérielle, les communicateurs traditionnels et les acteurs culturels pour leur contribution à la préservation et à la transmission du patrimoine culturel immatériel.
À la découverte des sites historiques et touristiques de Bougouni
Dans le prolongement des activités du Mois du Tourisme, une visite guidée de plusieurs sites historiques et touristiques de la ville de Bougouni a permis aux participants de mieux connaître les richesses patrimoniales de la région.
Parmi les sites visités figurent les caches de survie souterraines de Guérèguè-Dingué, localement appelées « Guéréké-Dingué », le Puits des Prisonniers, situé dans le quartier de Torakabougou, ainsi que la tombe historique de Diakassan Moussa.
Guéréké-Dingué : des abris souterrains témoins de l’histoire
Les caches de survie souterraines de Guéréké-Dingué constituent un patrimoine historique particulier de Bougouni. Taillés directement dans la roche, ces abris auraient été conçus pour protéger une partie de la population en cas d’attaque ou d’invasion par des forces ennemies.
Ces ouvrages témoignent des anciennes stratégies de défense mises en place par les populations pour assurer la sécurité et la survie de leur communauté.
Aujourd’hui, les Guéréké-Dingué représentent un potentiel touristique important. Leur protection et leur valorisation pourraient contribuer au développement du tourisme culturel et à la transmission de la mémoire historique aux générations futures.
Le Puits des Prisonniers : un lieu chargé de mémoire
La délégation s’est ensuite rendue au Puits des Prisonniers, situé dans le quartier de Torakabougou.
Ce site constitue un autre témoignage du passé historique de Bougouni. Il demeure un élément important du patrimoine local et mérite une attention particulière en matière de conservation, d’aménagement et de promotion touristique.
Diakassan Moussa : une tombe au cœur de la mémoire culturelle
La dernière étape de la visite a conduit les participants à la tombe de Diakassan Moussa, figure historique et culturelle de la région.
Selon les récits de la tradition orale, Diakassan Moussa, qui aurait vécu de 1755 à 1847, était le fils benjamin de Midia, issu de la famille Diakité. Il fut présenté comme un grand guerrier et aurait également exercé les fonctions d’ambassadeur auprès du roi bambara de Ségou.
Son nom, Diakassan Moussa, serait lié à l’héritage de sa mère. La tradition rapporte qu’avant sa disparition, il avait souhaité qu’un arbre pousse sur sa tombe. Après sa mort, un majestueux balanzan, connu scientifiquement sous le nom d’Acacia albida, aurait poussé sur le lieu de son inhumation.
Aujourd’hui, cette tombe est considérée comme un sanctuaire et constitue un important lieu de mémoire, de pèlerinage et de transmission culturelle pour les populations de Bougouni et d’ailleurs.
La protection des sites historiques, un enjeu collectif
La visite touristique a également permis de rappeler l’importance de la protection foncière et de la sécurisation des sites historiques.
Dans une interview accordée à la presse, Monsieur Ousmane Kola N’Daou, Chef du Domaine et du Cadastre de Bougouni, a souligné la nécessité de préserver ces espaces dans l’intérêt de la collectivité et de la nation.
Selon lui, les domaines liés au patrimoine historique doivent être protégés et maintenus au nom de l’État et de la communauté nationale.
La sauvegarde de ces sites nécessite une collaboration étroite entre les autorités administratives, les services techniques, les légitimités traditionnelles, les acteurs culturels et les populations locales.
À travers le lancement du Mois du Tourisme et la découverte de ses sites historiques, la région de Bougouni réaffirme son ambition de faire de la culture et du tourisme des leviers du développement local.
La valorisation de ce patrimoine constitue également un moyen de renforcer l’identité culturelle, de promouvoir le tourisme interne et de transmettre aux générations futures les richesses historiques léguées par leurs ancêtres.
Aly Badra Keita (A.B.K)/Afrikinfos-Mali
Last Updated on 16/09/2026 by Ousmane BALLO
