Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et le général Birame Diop, appelé à prendre les commandes de la Commission de la Cédéao, ont accordé leurs violons sur les principaux dossiers communautaires. Au menu : lancement de l’ECO, libre circulation, financement de l’organisation, lutte contre le terrorisme et reprise du dialogue avec les pays de l’AES.
Le Sénégal s’apprête à occuper une position centrale dans la gouvernance de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Jeudi, au Palais de la République à Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a reçu le général Birame Diop, désigné pour diriger la Commission de l’organisation régionale à compter du 1er septembre 2026.
Cette rencontre intervient à un moment charnière pour la Cédéao, confrontée à plusieurs défis économiques, sécuritaires et institutionnels. Elle a permis aux deux responsables sénégalais d’échanger sur les priorités du mandat et sur les principaux chantiers à engager au sein de l’organisation.
Parmi les dossiers examinés figure le projet de mise en œuvre de l’ECO, monnaie communautaire appelée à renforcer l’intégration économique ouest-africaine. Les discussions ont également porté sur l’amélioration du versement des prélèvements communautaires, qui constituent une source importante de financement des institutions de la Cédéao.
Autre chantier majeur : la libre circulation des personnes et des biens. Dans un espace régional marqué par d’importants échanges commerciaux et des mobilités transfrontalières, la fluidification des déplacements apparaît comme un enjeu essentiel pour relancer l’intégration régionale.
La nouvelle direction devra ainsi concilier les ambitions économiques de l’organisation avec les réalités politiques et sécuritaires qui traversent actuellement l’Afrique de l’Ouest.
La lutte contre le terrorisme au cœur du dispositif
La question sécuritaire occupe également une place importante dans la feuille de route. L’opérationnalisation de la brigade de lutte contre le terrorisme figure parmi les principaux dossiers évoqués au cours de l’entretien. L’objectif est de renforcer les capacités de réponse collective de la Cédéao face à la progression des groupes armés et aux menaces transfrontalières.
Cette priorité intervient dans un contexte régional particulièrement complexe, marqué par la persistance des violences dans plusieurs pays et par la nécessité d’adapter les mécanismes de coopération sécuritaire.
Pour la nouvelle équipe dirigeante, l’enjeu sera donc de donner une traduction concrète aux ambitions de la Cédéao en matière de sécurité collective.
La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Birame Diop s’inscrit dans la nouvelle configuration institutionnelle de la Cédéao. Lors de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue à Lungi, en Sierra Leone, le Sénégal a obtenu la présidence de la Commission pour la période 2026-2030.
Le général Birame Diop a été désigné pour prendre la direction de cet organe à partir du 1er septembre. De son côté, Bassirou Diomaye Faye assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.
Le Sénégal se retrouve ainsi au centre du dispositif décisionnel de l’organisation régionale. À l’issue de son entretien avec le chef de l’État, le général Diop a exprimé sa reconnaissance pour la confiance placée en lui par le président sénégalais ainsi que par les dirigeants de la Cédéao ayant confirmé sa désignation.
L’AES, un dossier diplomatique sensible
Le nouveau président de la Commission devra également composer avec l’un des dossiers les plus sensibles de l’organisation : ses relations avec la Confédération des États du Sahel (AES). Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté la Cédéao, ouvrant une nouvelle séquence dans les relations entre l’organisation ouest-africaine et les trois États sahéliens.
La question du dialogue avec l’AES devrait donc figurer parmi les dossiers prioritaires du nouveau mandat. L’objectif affiché sera de préserver autant que possible les liens entre les peuples et de limiter les conséquences de la rupture institutionnelle sur les échanges économiques et la circulation des populations.
La capacité de la nouvelle direction à renouer un dialogue pragmatique avec les trois pays constituera ainsi l’un des tests majeurs de la présidence sénégalaise. La situation en Guinée-Bissau a également été évoquée lors de la rencontre.
Le Sénégal ayant été désigné facilitateur dans cette crise, le général Birame Diop a indiqué que les échanges avec le président Faye permettront à la Commission de mieux anticiper la situation et, le moment venu, d’accompagner Dakar de manière « pragmatique et efficace » dans cette mission.
Cette approche devrait permettre d’articuler davantage les initiatives diplomatiques sénégalaises avec l’action institutionnelle de la Cédéao. À travers cette première séquence de travail entre les deux responsables appelés à diriger les principaux organes de la Cédéao, Dakar affiche une volonté de préparer rapidement les grands dossiers du nouveau mandat.
Entre la relance de l’intégration économique, la mise en œuvre de l’ECO, la libre circulation, le renforcement de la coopération antiterroriste et la recherche d’un nouveau cadre de dialogue avec l’AES, les défis sont nombreux.
Le tandem Faye-Diop devra désormais transformer ces priorités en actions concrètes, dans une région ouest-africaine en pleine recomposition politique et sécuritaire.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 28/08/2026 by Ousmane BALLO
