COP17 à Oulan-Bator : le Mali plaide pour faire de l’enclavement un levier de développement

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À la table ronde consacrée aux pays en développement sans littoral, organisée en marge de la COP17 sur la désertification, le Mali a appelé à une meilleure prise en compte des vulnérabilités spécifiques des États enclavés dans les mécanismes internationaux de coopération et de financement. La ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, DOUMBIA Mariam TANGARA, a défendu une approche fondée sur la solidarité, la souveraineté et des partenariats adaptés aux réalités nationales.

La question de l’enclavement s’est invitée au cœur des discussions de la COP17 sur la désertification à Oulan-Bator. En marge de la conférence, une table ronde réunissant plusieurs pays en développement sans littoral a permis d’aborder les défis économiques, environnementaux et sociaux auxquels sont confrontés ces États.

Le Mali, représenté par la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, DOUMBIA Mariam TANGARA, a saisi cette tribune pour porter un plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en compte de la situation particulière des pays enclavés.

À travers son intervention, Bamako a notamment appelé à dépasser la perception de l’enclavement comme un simple handicap géographique pour en faire un enjeu stratégique de développement et de résilience.

Pour la ministre malienne, la situation des pays sans littoral est d’autant plus préoccupante que ces États sont fortement exposés aux effets de la dégradation des terres, de la désertification et des épisodes de sécheresse.

L’absence d’accès direct à la mer entraîne une forte dépendance à l’égard des pays voisins et des corridors de transit pour les échanges commerciaux et l’approvisionnement. Une dépendance qui peut, selon elle, réduire les capacités d’adaptation des États face aux crises environnementales et économiques.

Dans ce contexte, les contraintes géographiques se combinent avec les vulnérabilités économiques et sociales pour accentuer les conséquences des chocs extérieurs.

« La dégradation des terres, la désertification et la sécheresse prennent une dimension inquiétante dans les pays en développement sans littoral », a souligné la ministre, estimant que l’enclavement peut amplifier les effets de ces crises.

L’expérience malienne comme illustration

Mariam Tangara a notamment évoqué l’expérience du Mali au cours des dernières années. En 2022, alors que le pays était déjà confronté à d’importants défis sécuritaires, économiques et sociaux, la fermeture des frontières ainsi que diverses restrictions commerciales et financières ont, selon elle, démontré les vulnérabilités particulières liées à l’enclavement.

Pour Bamako, cette expérience constitue un enseignement majeur : les décisions prises à l’extérieur des frontières d’un pays sans littoral peuvent avoir des répercussions importantes sur son économie et sur les conditions de vie de ses populations.

L’enjeu, estime le Mali, est donc de faire en sorte que la situation des pays enclavés ne soit pas seulement reconnue dans les discours internationaux, mais qu’elle soit concrètement intégrée dans les politiques de coopération, les mécanismes de solidarité et les dispositifs de financement.

La ministre malienne a appelé à une évolution des mécanismes internationaux afin de mieux tenir compte des contraintes spécifiques auxquelles sont confrontés les pays sans littoral.

Pour le Mali, les politiques de développement et les financements consacrés à la résilience climatique, à la restauration des terres ou encore à l’adaptation doivent intégrer les réalités géographiques, économiques et sécuritaires propres à ces pays.

Cette approche devrait notamment permettre de faciliter l’accès aux financements et de soutenir des projets capables de renforcer durablement la résilience des populations.

L’objectif est également de réduire les effets de la dépendance aux corridors de transit et de développer davantage les capacités nationales et régionales.

Une coopération fondée sur la souveraineté

Tout en défendant une solidarité internationale renforcée, Bamako entend préserver sa marge de décision dans le choix de ses partenaires et de ses priorités. Mariam Tangara a ainsi réaffirmé l’ouverture du Mali à une coopération internationale « constructive et mutuellement bénéfique », tout en rappelant les principes mis en avant par les autorités maliennes.

Cette coopération doit notamment reposer sur le respect de la souveraineté du Mali, le respect de ses choix stratégiques et de ses partenaires, ainsi que la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien.

Pour Bamako, ces principes doivent guider les futurs partenariats dans les domaines de l’environnement, du développement durable et de la résilience climatique.

Au-delà du cas malien, la ministre a appelé à une mobilisation collective des pays en développement sans littoral. L’objectif est de faire émerger une position commune permettant de mieux faire entendre leurs préoccupations dans les grandes négociations internationales sur le climat, l’environnement, le financement du développement et la lutte contre la désertification.

« Nous appelons à une voix collective forte des pays en développement sans littoral, afin que nos vulnérabilités particulières se traduisent en actions, en financements et en partenariats réellement adaptés à nos réalités », a-t-elle déclaré.

À Oulan-Bator, le Mali entend ainsi contribuer à repositionner la question de l’enclavement dans les débats sur le développement durable. Pour Bamako, la contrainte géographique ne doit plus être considérée comme une fatalité, mais comme un défi appelant des réponses collectives, des investissements adaptés et une solidarité internationale renforcée.

OB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 26/08/2026 by Ousmane BALLO

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