Coopération : Bamako et Rabat affichent une convergence stratégique et ouvrent un nouveau chapitre de leur partenariat

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Réunie le 24 juillet 2026 à Bamako, la 4ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre le Mali et le Maroc marque une étape majeure dans le raffermissement des relations bilatérales. En ouvrant les travaux, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a salué une coopération fondée sur une histoire commune, une vision stratégique partagée et une volonté affirmée d’élargir les domaines de partenariat au service du développement des deux pays.

Sous le signe de la fraternité et de la solidarité, la capitale malienne a accueilli les délégations gouvernementales des deux pays, conduites par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et son homologue marocain, Nasser Bourita. Cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte marqué par une intensification des échanges politiques, économiques et diplomatiques entre Bamako et Rabat.

Dès l’entame de son allocution, Abdoulaye Diop a mis en avant le rôle déterminant du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans le renforcement des liens entre les deux nations.

Selon lui, la qualité exceptionnelle des relations entre le Mali et le Maroc repose sur une volonté politique commune de consolider une coopération bâtie sur la confiance, le respect mutuel, la solidarité et des intérêts stratégiques convergents.

Le chef de la diplomatie malienne a souligné que la présence de la délégation marocaine à Bamako illustre la profondeur des liens historiques unissant les deux peuples, rappelant que cette fraternité puise ses racines dans plusieurs siècles d’échanges commerciaux, culturels et spirituels entre les grands centres du Maroc et les cités historiques de Tombouctou, Gao ou encore Djenné.

Revenant sur les moments forts ayant marqué ce rapprochement, Abdoulaye Diop a rappelé les visites officielles effectuées par le Roi Mohammed VI au Mali, notamment en 2013 et 2014, qui ont donné une nouvelle impulsion aux relations bilatérales.

Il a également salué l’Initiative Royale visant à faciliter l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique, qualifiée de projet structurant pour le désenclavement économique des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) ainsi que du Tchad.

Le ministre a aussi évoqué l’audience accordée, le 25 avril 2025 à Rabat, par le souverain marocain aux ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger, estimant que cette rencontre constitue une illustration concrète du soutien du Royaume aux ambitions de coopération régionale de l’AES.

Le Mali réaffirme son soutien sur la question du Sahara

L’un des temps forts du discours a porté sur les positions diplomatiques communes entre Bamako et Rabat. Abdoulaye Diop est revenu sur la décision prise par le gouvernement malien le 10 avril 2026 de soutenir le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme « la seule base sérieuse et crédible » pour le règlement de la question du Sahara, conformément à la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies.

Pour le chef de la diplomatie malienne, une résolution durable de ce différend contribuerait également au renforcement de la paix et de la sécurité dans l’espace sahélien. Le ministre n’a pas éludé le contexte sécuritaire régional. Il a rendu hommage aux victimes des violences au Sahel ainsi qu’aux Forces armées et de sécurité maliennes engagées dans la lutte contre le terrorisme. Il a également salué la résilience des populations civiles confrontées à l’insécurité.

Abdoulaye Diop a dénoncé ce qu’il qualifie de soutien apporté à certains groupes terroristes par des acteurs étatiques étrangers, tout en condamnant les campagnes de désinformation et les opérations de guerre informationnelle visant les États de la région.

Au-delà des questions politiques, le ministre a mis en avant les progrès enregistrés dans de nombreux secteurs de coopération. L’enseignement supérieur, la défense, la formation professionnelle, la santé, les banques, le numérique, l’agriculture, l’élevage, le commerce ou encore les questions migratoires figurent désormais parmi les principaux axes de collaboration entre les deux pays.

Il s’est notamment félicité des missions effectuées au Mali, entre avril et mai 2026, par plusieurs délégations d’experts marocains ayant travaillé avec leurs homologues maliens sur des projets structurants portant sur l’électricité, l’eau, les énergies renouvelables, la santé, l’agriculture et la formation professionnelle.

Vingt-et-un accords pour accélérer le partenariat

Les travaux préparatoires menés par les experts maliens et marocains ont permis d’aboutir à l’élaboration de 21 instruments juridiques couvrant plusieurs domaines de coopération.

Le ministre a salué la qualité du travail réalisé par les équipes techniques des deux pays, estimant que ces nouveaux accords permettront de donner une dimension plus opérationnelle au partenariat bilatéral.

Il a également rendu hommage aux acteurs du secteur privé ayant pris part au premier Forum d’affaires Mali–Maroc, organisé en marge de la Grande Commission mixte, qui a permis d’intensifier les échanges entre entrepreneurs maliens et marocains.

Abdoulaye Diop a insisté sur l’intérêt particulier du Mali pour une coopération industrielle renforcée avec le Royaume. L’objectif est de favoriser l’implantation d’unités de transformation et de petites et moyennes industries capables de valoriser localement les importantes ressources agricoles, pastorales et minières du pays.

Selon lui, cette orientation constitue un levier essentiel pour créer davantage de richesses, générer des emplois durables, offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse et contribuer à la stabilité économique et sociale.

Une vision commune tournée vers l’avenir

En clôturant son intervention, le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé l’attachement du Mali à un partenariat durable avec le Royaume du Maroc. Il a souligné que les deux États partagent une même conception des relations internationales, fondée sur le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de la paix et de la coopération mutuellement bénéfique.

À travers cette quatrième session de la Grande Commission mixte, Bamako et Rabat affichent leur ambition d’inscrire leur partenariat dans une nouvelle dynamique, où la diplomatie politique, la coopération économique et les investissements structurants deviennent les principaux moteurs d’une relation bilatérale appelée à se renforcer davantage au cours des prochaines années.

IB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 25/07/2026 by Ousmane BALLO

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