Bougouni : le projet ACCES favorise le dialogue entre les citoyens et les acteurs de la chaîne pénale

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Renforcer la confiance entre les populations et les institutions judiciaires et sécuritaires. Tel était l’objectif de la journée de dialogue organisée le 30 juin 2026 à Bougouni par le Forum des organisations de la société civile du Mali (FAMOC), à travers le projet Accès des citoyens, des communautés et des autorités à la justice pour l’équité sociale (ACCES).

Cette rencontre a réuni les principaux acteurs de la chaîne pénale ainsi que des représentants de la société civile afin de favoriser une meilleure compréhension du fonctionnement de la justice et de promouvoir une collaboration plus étroite entre les citoyens et les services chargés de la sécurité et de la justice.

La session a enregistré la participation de représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie, du Tribunal de grande instance de Bougouni, de l’Administration pénitentiaire, des autorités locales, des conseillers de cercle, des organisations de la société civile ainsi que de nombreux citoyens, notamment des femmes, des jeunes, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

À cette occasion, le commissaire de police Chieck Bounama Diarra, le major Ibrahim Traoré de la Gendarmerie, le procureur adjoint près le Tribunal de grande instance de Bougouni, Ousmane Coulibaly, et le représentant de l’Administration pénitentiaire, Alfousseyni Amadou Traoré, ont présenté les missions de leurs institutions avant de répondre aux préoccupations du public.

Dans son intervention, le commissaire Chieck Bounama Diarra a souligné que la lutte contre l’insécurité repose sur une coopération permanente entre les populations et les Forces de défense et de sécurité.

Selon lui, le partage d’informations fiables par les citoyens demeure un levier essentiel pour prévenir les actes de criminalité et relever les défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.

Le procureur adjoint Ousmane Coulibaly a expliqué les différentes étapes de la procédure pénale, depuis le dépôt d’une plainte jusqu’au prononcé de la décision judiciaire.

Il a rappelé les principes fondamentaux qui encadrent l’action judiciaire, notamment la présomption d’innocence, le droit à la défense et le droit à un procès équitable. Le magistrat a également évoqué les difficultés auxquelles la justice est confrontée, parmi lesquelles l’insuffisance des ressources humaines et matérielles ainsi que l’accroissement constant du volume des dossiers.

Une prison confrontée à la surpopulation

Le représentant de l’Administration pénitentiaire, Alfousseyni Amadou Traoré, a attiré l’attention sur les conditions de détention à la Maison d’arrêt de Bougouni. Conçue pour accueillir 120 détenus, l’établissement héberge actuellement 218 pensionnaires, soit près du double de sa capacité initiale. Il a également évoqué les difficultés liées à la prise en charge sanitaire des détenus et au manque de moyens logistiques.

Pour le coordinateur du projet, Abdoul Wahab Mariko, dit Abraham, représentant du Centre d’assistance et de promotion des droits humains (CAPDH), l’initiative vise à faciliter l’accès des citoyens à la justice tout en instaurant un cadre permanent de concertation entre les populations, les autorités judiciaires et les services de sécurité.

L’un des moments les plus marquants de la rencontre a été la séance de questions-réponses, au cours de laquelle les participants ont exprimé leurs préoccupations sur les procédures judiciaires, les délais de traitement des dossiers, les conditions de détention, la lutte contre l’insécurité ainsi que les droits des citoyens. Les intervenants ont apporté des réponses détaillées et des conseils pratiques, favorisant un dialogue ouvert et constructif.

À travers cette initiative, le projet ACCES entend contribuer à une justice plus accessible, plus transparente et davantage à l’écoute des citoyens, tout en renforçant les liens de confiance entre les institutions de l’État et les communautés locales.

Par Aly Badra Keïta (A.B.K.)

Last Updated on 03/07/2026 by Ousmane BALLO

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