Burkina Faso : 24 candidats devant la justice pour fraude aux examens avec l’intelligence artificielle

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L’utilisation de l’intelligence artificielle lors des examens scolaires s’invite désormais dans les prétoires burkinabè. À Bobo-Dioulasso, 24 candidats aux examens du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du Brevet d’études professionnelles (BEP), dont deux filles, ont comparu devant le tribunal correctionnel pour des faits présumés de fraude impliquant des téléphones portables et des applications d’intelligence artificielle.

Selon les éléments présentés par le parquet, les faits reprochés aux prévenus se seraient produits les 2 et 3 juin 2026, lors des épreuves écrites des examens nationaux.

Les candidats sont accusés d’avoir utilisé des téléphones portables introduits clandestinement dans les salles de composition afin d’obtenir ou de transmettre des réponses aux sujets d’examen. L’enquête révèle que certains auraient pris en photo les épreuves avant de les soumettre à des outils d’intelligence artificielle tels que ChatGPT, Gemini ou Grok pour générer des propositions de réponses.

D’autres candidats auraient transmis les clichés à des complices situés hors des centres d’examen. Ces derniers auraient ensuite utilisé les applications d’IA pour traiter les sujets avant de renvoyer les réponses aux candidats concernés.

Les poursuites portent sur des fraudes présumées dans plusieurs matières clés des examens, notamment le français, les mathématiques, les sciences de la vie et de la terre (SVT), l’histoire-géographie ainsi que la physique-chimie.

Les investigations ont également confirmé l’introduction de téléphones portables dans les salles de composition, une pratique strictement interdite par la réglementation en vigueur pour les examens nationaux.

Des positions divergentes devant le tribunal

Lors de l’audience, les prévenus ont adopté des lignes de défense différentes. Certains ont reconnu leur implication dans les faits qui leur sont reprochés, tandis que d’autres ont contesté les accusations portées contre eux.

Face à la diversité des situations, le ministère public a demandé une requalification des faits, estimant que certains dossiers relèvent davantage de la tentative de fraude, tandis que d’autres pourraient être qualifiés de complicité de fraude, en fonction du degré d’implication des personnes poursuivies.

Le parquet a rappelé que l’article 376-1 du Code pénal burkinabè prévoit pour les infractions liées à la fraude aux examens des peines allant de six mois à trois ans d’emprisonnement, ainsi que des amendes pouvant atteindre trois millions de FCFA.

Dans ses réquisitions, le ministère public a sollicité des travaux d’intérêt général assortis de peines d’emprisonnement, ou, à défaut, des peines de prison ferme accompagnées d’amendes avec sursis.

Cette affaire illustre les défis croissants que pose l’émergence de l’intelligence artificielle dans le secteur éducatif. Si ces technologies offrent de nouvelles opportunités d’apprentissage, leur utilisation frauduleuse lors des évaluations soulève des questions majeures en matière d’intégrité académique et de sécurisation des examens.

Le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 26 juin 2026, une décision qui pourrait faire jurisprudence dans la gestion des cas de fraude impliquant l’intelligence artificielle au Burkina Faso.

IB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 20/06/2026 by Ousmane BALLO

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