La Côte d’Ivoire tend la main au Mali et au Burkina Faso face à la menace terroriste

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La déclaration récente du ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, pourrait marquer une nouvelle étape dans les relations entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Au-delà des divergences politiques qui ont marqué ces dernières années les rapports entre Abidjan, Bamako et Ouagadougou, la lutte contre le terrorisme semble désormais imposer une approche plus pragmatique et concertée.

Alors que les groupes armés terroristes poursuivent leur expansion dans plusieurs zones du Sahel et menacent de plus en plus les pays du golfe de Guinée, les enjeux sécuritaires apparaissent aujourd’hui comme un terrain susceptible de favoriser un rapprochement entre voisins.

Au cœur du message porté par les autorités ivoiriennes se trouve un constat largement partagé par les spécialistes des questions sécuritaires : aucun pays ne peut, à lui seul, venir à bout de la menace terroriste.

La mobilité des groupes jihadistes opérant dans la région, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), ainsi que la porosité des frontières, rendent indispensable une coopération transfrontalière renforcée.

Pour la Côte d’Ivoire, la stabilité des régions frontalières du Mali et du Burkina Faso est directement liée à la sécurité de son propre territoire, en particulier dans les zones septentrionales régulièrement exposées aux risques d’infiltration.

Abidjan propose une relance de la coopération militaire

Dans cette perspective, la Côte d’Ivoire s’est déclarée disposée à renforcer la coopération sécuritaire avec ses voisins sahéliens.

Cette ouverture repose sur plusieurs axes majeurs le partage de renseignements opérationnels et tactiques ; la reprise des opérations militaires conjointes dans les zones frontalières ; une meilleure coordination stratégique entre les forces engagées dans la lutte contre le terrorisme ; le renforcement des mécanismes de prévention et d’anticipation des menaces transnationales.

L’objectif affiché est de construire une réponse collective face à un phénomène qui dépasse largement les frontières nationales.

Toutefois, Abidjan a pris soin de préciser que cette coopération dépendra de la volonté des autorités maliennes et burkinabè.

Cette précision n’est pas anodine dans un contexte où le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont choisi de renforcer leur intégration sécuritaire à travers l’Alliance des États du Sahel, tout en prenant leurs distances avec certaines organisations régionales, notamment la CEDEAO.

La proposition ivoirienne intervient donc dans un environnement diplomatique encore marqué par des tensions et des divergences de vision sur les questions de gouvernance et de sécurité régionale.

Vers un dépassement des divergences politiques ?

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu majeur consiste désormais à dissocier les impératifs opérationnels de sécurité des différends politiques qui ont affecté les relations entre certains États de la sous-région.

La progression de la menace terroriste vers les pays côtiers renforce l’idée qu’une coopération pragmatique devient de plus en plus nécessaire, indépendamment des positionnements diplomatiques de chacun.

Dans ce contexte, la proposition ivoirienne apparaît comme un signal d’ouverture susceptible de favoriser un dialogue plus constructif entre les différents acteurs régionaux.

La question demeure toutefois ouverte : cette initiative marque-t-elle le début d’un véritable rapprochement sécuritaire entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’AES, ou s’agit-il avant tout d’un message politique destiné à afficher une volonté de coopération ?

La réponse dépendra largement des suites données à cette déclaration et de la capacité des différents États à privilégier les enjeux de sécurité collective face aux considérations politiques.

Une chose est certaine : face à une menace terroriste de plus en plus transfrontalière, la coopération régionale apparaît aujourd’hui comme l’un des leviers les plus importants pour préserver la stabilité de l’ensemble de l’espace ouest-africain.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 18/06/2026 by Ousmane BALLO

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