Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique de souveraineté économique avec la création de la Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques (SOCIMAH). Au cœur de ce projet figure un objectif stratégique : produire localement des compteurs d’eau, un équipement indispensable au développement des infrastructures hydrauliques du pays et actuellement massivement importé.
Alors que les besoins en accès à l’eau potable ne cessent d’augmenter, le Burkina Faso poursuit l’extension de ses réseaux d’adduction d’eau à travers le territoire. Cette dynamique entraîne une forte demande en compteurs d’eau destinés aux ménages, aux entreprises et aux infrastructures publiques.
Selon les chiffres officiels, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) importe chaque année plus de 130 000 compteurs d’eau, illustrant l’ampleur de la dépendance du pays vis-à-vis des fournisseurs étrangers.
Cette situation représente un défi économique majeur pour les autorités, qui cherchent à réduire les coûts d’importation tout en sécurisant l’approvisionnement en équipements essentiels à la gestion du réseau hydraulique national.
Réuni en Conseil des ministres le 29 mai 2026 sous la présidence du chef de l’État Ibrahim Traoré, le gouvernement a adopté un décret créant la SOCIMAH, une société d’économie mixte détenue à 70 % par l’État et à 30 % par le secteur privé.
Dotée d’un capital social de 1 milliard de francs CFA, cette nouvelle entreprise aura pour mission principale la fabrication et l’assemblage de compteurs d’eau intelligents à prépaiement, ainsi que la production d’autres équipements hydrauliques nécessaires au fonctionnement et à l’entretien des réseaux d’eau.
L’ambition est de bâtir une véritable filière industrielle nationale capable de répondre aux besoins croissants du pays tout en limitant les importations.
Le choix de produire des compteurs intelligents à prépaiement traduit également la volonté des autorités de moderniser la gestion de l’eau potable.
Ces équipements permettent un meilleur suivi de la consommation, facilitent la facturation et réduisent les pertes liées aux fraudes ou aux erreurs de relevé. Ils constituent aujourd’hui une solution de plus en plus adoptée dans plusieurs pays africains confrontés aux défis de gestion des services publics de l’eau.
La fabrication locale de ces technologies pourrait ainsi contribuer à accélérer la modernisation du secteur hydraulique burkinabè tout en développant des compétences industrielles et technologiques nationales.
Au-delà de l’aspect industriel, le projet vise à alléger la facture des importations et à renforcer l’autonomie économique du pays. Les autorités estiment que la relocalisation de la production des compteurs d’eau permettra de sécuriser les approvisionnements, de réduire les délais de livraison et de mieux répondre aux besoins du marché national.
La création de la SOCIMAH s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation locale et de valorisation du savoir-faire national, portée par les autorités de transition.
En misant sur la fabrication locale de compteurs d’eau, le Burkina Faso entend transformer un besoin récurrent en opportunité industrielle. Si le projet atteint ses objectifs, le pays pourrait progressivement réduire sa dépendance aux équipements importés et faire des compteurs d’eau un symbole concret de sa politique de souveraineté économique.
Pour Ouagadougou, la création de la SOCIMAH ne se limite donc pas à un investissement industriel : elle représente un levier stratégique pour accompagner l’accès à l’eau potable, soutenir l’emploi local et renforcer l’indépendance économique du pays.
IT / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 01/06/2026 by Ousmane BALLO
