Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique de souveraineté économique appliquée au secteur minier. L’État burkinabè a décidé d’augmenter significativement sa participation dans le capital de la mine d’or de Kiaka, la faisant passer de 15 % à 40 %, soit une progression de 25 points. Cette décision, officialisée par décret et confirmée par l’opérateur minier, marque un tournant dans la gouvernance des ressources naturelles du pays.
Dans un communiqué publié le 21 avril 2026, la compagnie australienne West African Resources Limited (WAF), détentrice des droits d’exploitation de la mine de Kiaka, a indiqué avoir engagé des discussions avec les autorités burkinabè en vue de finaliser cette opération. Cette démarche fait suite à la publication, le 16 avril 2026 au Journal officiel, du décret n°2026-0287 autorisant l’acquisition par l’État, via la Société de Participation Minière du Burkina Faso (SOPAMIB), d’une participation additionnelle de 25 % dans Kiaka SA.
WAF a précisé son intention de collaborer étroitement avec le gouvernement pour mener à bien la transaction, dont la finalisation est attendue d’ici la fin de l’année 2026. Les recettes issues de cette cession devraient être redistribuées aux actionnaires sous forme de dividende exceptionnel.
Selon les informations disponibles, cette montée en capital représente un investissement d’environ 70 milliards de FCFA pour l’État burkinabè. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la maîtrise nationale des ressources extractives, un secteur clé pour l’économie du pays.
Située dans la commune de Gogo, dans la province du Zoundwéogo, à environ 110 kilomètres de Ouagadougou, la mine de Kiaka est l’un des projets aurifères les plus structurants du Burkina Faso. Mise en service en juin 2025, elle s’étend sur une superficie de 54,02 km² et dispose de réserves estimées à 4,8 millions d’onces d’or, avec une production annuelle moyenne projetée à 234 000 onces.
Des performances économiques solides
Dès sa première année complète d’exploitation, la mine a affiché des performances remarquables. Au 31 décembre 2025, WAF a enregistré une production de 300 383 onces d’or, en nette hausse par rapport aux 206 622 onces produites l’année précédente. Cette progression s’est traduite par un chiffre d’affaires estimé à 616 milliards de FCFA.
Avec une durée de vie estimée à 20 ans, la mine de Kiaka est appelée à jouer un rôle majeur dans les recettes minières du pays et dans la création de valeur à long terme.
L’augmentation de la participation de l’État dans Kiaka SA s’inscrit dans une politique volontariste engagée ces dernières années par les autorités burkinabè. Celle-ci vise à sécuriser les intérêts stratégiques du pays dans l’exploitation de l’or, principal produit d’exportation.
L’adoption du nouveau code minier et de la loi sur le contenu local en 2024 témoigne de cette orientation. Le secteur minier représente en effet un pilier de l’économie nationale : en 2024, il contribuait à hauteur de 14,8 % au PIB, avec l’or comptant pour 84 % des exportations. Les recettes générées par ce secteur se sont élevées à plus de 548 milliards de FCFA la même année.
À travers cette prise de participation renforcée, le Burkina Faso affirme sa volonté de capter davantage de valeur ajoutée sur ses ressources naturelles, tout en consolidant sa souveraineté économique dans un contexte régional marqué par une redéfinition des rapports entre États et multinationales extractives.
IB
Source : Le Capital
Last Updated on 27/04/2026 by Ousmane BALLO

