Face à la pression croissante exercée sur les ressources forestières par l’usage massif du charbon de bois et du bois de chauffe, le Mali accélère sa réflexion sur les alternatives énergétiques durables. Le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, en partenariat avec la Fondation Santé-Environnement, a lancé un atelier de deux jours (du 7 au 8 avril 2026) consacré à la vulgarisation de la cuisson électrique, avec l’ambition de promouvoir une solution à fort impact sanitaire, environnemental et économique.
La rencontre, présidée par la ministre DOUMBIA Mariam TANGARA, vise à favoriser l’adoption de modes de cuisson propres, afin de protéger la santé publique, préserver les écosystèmes et générer des économies substantielles pour les ménages comme pour l’économie nationale.
Pour la présidente de la Fondation Santé-Environnement, Dr Fatoumata NAFO, les fumées issues des foyers domestiques constituent à la fois un facteur majeur de pollution de l’air intérieur et un accélérateur du changement climatique.
Elle a insisté sur le caractère stratégique de la transition vers la cuisson électrique, qu’elle soit alimentée par le réseau classique ou par des solutions solaires décentralisées.
Selon les données présentées, près de 400 000 hectares de forêts disparaissent chaque année au Mali pour satisfaire les besoins en bois de feu et en charbon de bois, alors que 78 % des ménages maliens utilisent encore la biomasse traditionnelle pour cuisiner.
Cette dépendance exerce, selon Dr NAFO, une pression insoutenable sur les écosystèmes, accélère la désertification et fragilise les moyens de subsistance des communautés.
« Il est impératif de déployer rapidement des solutions capables de ralentir significativement le déboisement, précurseur direct de la désertification », a-t-elle plaidé.
Un enjeu de santé publique et de sécurité énergétique
Au-delà de la préservation des forêts, la transition vers la cuisson propre répond également à un enjeu sanitaire majeur. L’exposition prolongée aux fumées toxiques issues du charbon et du bois touche en priorité les femmes et les enfants, premières victimes des maladies respiratoires liées à la pollution de l’air domestique.
La Fondation estime que la cuisson électrique permettrait de réduire les risques sanitaires ; de limiter la pollution de l’air intérieur ; de prévenir l’insécurité énergétique des ménages et de réduire la facture énergétique sur le long terme.
L’initiative entend ainsi éviter que les populations ne se tournent vers des combustibles encore plus nocifs, dans un contexte de raréfaction croissante des ressources ligneuses.
Un levier économique et climatique pour le Mali
Prenant la parole, la ministre DOUMBIA Mariam TANGARA a souligné que l’investissement dans la cuisson propre répond à plusieurs priorités stratégiques nationales.
Il s’agit notamment de réduire la dépendance au bois et au charbon ; de préserver durablement les écosystèmes forestiers ; de améliorer la qualité de vie des ménages ; de stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat vert ; de favoriser l’émergence de nouveaux marchés liés aux technologies propres ; et de contribuer aux engagements climatiques du Mali.
Pour la ministre, la cuisson électrique apparaît désormais comme un véritable levier de transformation environnementale, économique et sociale, au croisement des enjeux de développement durable et de résilience énergétique.
Un accompagnement gouvernemental annoncé
En clôture de son intervention, la ministre a rassuré les promoteurs du projet sur l’engagement du gouvernement malien, notamment à travers les départements en charge de l’Environnement et de l’Énergie.
Cet accompagnement institutionnel devrait permettre d’accélérer la diffusion des équipements de cuisson électrique, d’encourager les investissements dans les solutions solaires domestiques et de soutenir la sensibilisation des ménages.
À travers cette initiative, le Mali pose les bases d’une transition énergétique domestique plus propre, avec à la clé des retombées positives sur la santé, les finances des ménages, la préservation des forêts et la lutte contre le changement climatique.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 08/04/2026 by Ousmane BALLO

