Fouille du BVG à la Mairie de Kalabancoro : Plus de 105 millions de FCFA

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La gestion de la Commune rurale de Kalabancoro est au cœur d’un rapport accablant du Bureau du Vérificateur Général (BVG), publié le 6 février 2026. À l’issue d’une vérification financière couvrant les exercices 2022, 2023, 2024 et le premier semestre 2025, les auditeurs ont mis en évidence des irrégularités financières d’un montant total de 105 749 394 FCFA, ainsi que de nombreuses défaillances administratives.

Les faits relevés, susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale et à la législation budgétaire et financière, ont été transmis au Président de la Section des Comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République financier.

Selon le rapport, l’essentiel du montant en cause provient du non-reversement de l’intégralité des frais de mariage, estimé à 100 070 000 FCFA. À cela s’ajoutent la non-application des pénalités de retard pour 2 538 149 FCFA ; le paiement de TVA indue pour 3 141 245 FCFA ; et la soumission d’offres par des candidats en situation de conflit d’intérêts.

La mission du BVG visait à s’assurer de la régularité et de la sincérité des opérations de recettes et de dépenses, ainsi que de la conformité des actes des organes délibérant et exécutif de la Commune. Les travaux ont porté sur la mobilisation et le reversement des recettes, l’exécution des dépenses, la gouvernance administrative, l’état civil et la comptabilité-matières.

Une gouvernance administrative défaillante

Au-delà des irrégularités financières, le BVG a relevé de graves manquements administratifs. La Commune ne respecterait pas le principe de sincérité budgétaire, n’établirait pas les rôles d’impôts forfaitaires et ne tiendrait pas l’ensemble des documents administratifs exigés par la réglementation.

Le Conseil communal ne respecterait pas les taux plafonds des taxes, tandis que le Receveur-Percepteur n’aurait pas établi les états financiers de la Commune. La procédure d’annulation de certains appels à concurrence n’aurait pas été respectée, et aucun contrôle sur pièces et sur place des régies de recettes et de dépenses ne serait effectué par le Maire et le Receveur-Percepteur.

Le rapport souligne également l’absence d’un Programme de Développement Économique, Social et Culturel (PDESC) actualisé ; l’absence d’un dispositif d’archivage adéquat ; le non-transfert régulier des volets n°2 des registres de mariage au Représentant de l’État ; des manquements dans la tenue des registres par les centres secondaires d’état civil ; le non-reversement de la quote-part due à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics sur la vente des DAO.

Des recommandations fermes

Face à ces constats, l’équipe de vérification a formulé une série de recommandations.

Au Maire, il est demandé notamment de respecter la sincérité budgétaire, d’assurer l’établissement des rôles d’impôts forfaitaires, de veiller au contrôle des régies, à l’actualisation du PDESC, à la bonne tenue des documents administratifs, à la transmission des registres d’état civil, à la mise en place d’un archivage adéquat et au reversement des quotes-parts dues.

Aux Chefs des centres d’état civil, il est recommandé de veiller au remplissage systématique des volets des registres de mariage.

Le Conseil communal est invité à respecter les plafonds légaux des impôts et taxes, tandis que le Receveur-Percepteur devra établir les états financiers à la fin de chaque exercice et procéder aux contrôles réglementaires des régies.

Cette affaire met en lumière les défis persistants de gouvernance locale et de gestion financière au sein des collectivités territoriales, et ouvre la voie à d’éventuelles suites judiciaires.

Ismaël Traoré

Source : Le Capital

Last Updated on 17/02/2026 by Ousmane BALLO