Les services départementaux de l’Environnement de Dori ont procédé, le samedi 17 janvier 2026, à l’interpellation d’un individu soupçonné d’être impliqué dans l’empoisonnement et le trafic de vautours charognards (Necrosyrtes monachus), une espèce intégralement protégée.
L’opération fait suite à des alertes émises par des riverains, qui ont signalé la présence inhabituelle d’oiseaux morts aux abords de l’abattoir de Dori. Sensibilisées aux enjeux de la protection de la faune, les populations ont rapidement attiré l’attention des services compétents, permettant une intervention diligente des agents des Eaux et Forêts.
Selon le directeur régional de l’Environnement du Sahel, le colonel des Eaux et Forêts Dramane Fogo, les agents dépêchés sur les lieux ont procédé à des constatations immédiates. Vingt-deux vautours charognards ont été retrouvés sans vie, présentant des signes évidents d’empoisonnement. Les premiers éléments de l’enquête indiquent que ces rapaces auraient été volontairement tués dans le cadre d’un trafic illicite.
Le présumé auteur, de nationalité étrangère d’après les premières informations recueillies, a été appréhendé et placé en garde à vue. Il devrait être présenté devant les juridictions compétentes afin de répondre de ses actes, conformément à la législation en vigueur. Lors de ses premiers aveux, l’intéressé aurait reconnu que les oiseaux étaient destinés à l’exportation à des fins mystiques et commerciales, une pratique strictement interdite.
Le colonel Dramane Fogo a rappelé que le trafic de vautours charognards constitue une menace grave pour la biodiversité dans la sous-région. Ces espèces figurent parmi les plus affectées par les activités humaines illicites, mettant en péril leur survie à moyen terme.
Soulignant l’importance écologique de ces rapaces, le directeur régional de l’Environnement a expliqué que les vautours charognards jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes. En se nourrissant de carcasses et de matières en décomposition, ils contribuent à l’assainissement de l’environnement et à la prévention de nombreuses maladies, agissant comme de véritables « éboueurs naturels ».
Il a également précisé que les vautours charognards bénéficient d’une protection totale en vertu des conventions internationales sur la biodiversité ratifiées par le Burkina Faso. Espèces menacées de disparition, leur destruction est sévèrement sanctionnée par les textes en vigueur.
Face à ce fléau, le directeur régional a lancé un appel à la vigilance et à la collaboration des populations, les invitant à dénoncer toute atteinte à l’environnement ou tout trafic d’espèces protégées. Il a enfin réaffirmé la détermination des services de l’Environnement à lutter sans relâche contre les crimes environnementaux, afin de préserver la biodiversité et d’assurer un cadre de vie sain aux générations présentes et futures.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali avec AIB
Last Updated on 20/01/2026 by Ousmane BALLO
