16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles : Le Gouvernement et ses partenaires pas prêts à abandoner le combat

à la une Accueil Actualités Au Mali Flash infos Infos en continus Société

La 25ème édition campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles a été officiellement lancée, le mardi 25 novembre 2025, au Centre International de Conférences de Bamako (CICB) par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo.

Elle était accompagnée par plusieurs personnes importantes engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Cette  édition  2025 a pour thème : « l’utilisation responsable des réseaux sociaux, gage de protection, de promotion et de préservation des valeurs culturelles des femmes et filles au Mali ».

Les différentes activités se poursuivront jusqu’au 10 décembre 2025 afin sensibiliser les autorités politiques administratives, religieuses et traditionnelles ainsi que les populations sur les violences en ligne. 

Selon le Directeur du Programme National pour l’Abandon des VBG (PANVBG),  Youssouf Bagayogo qui a présenté le rapport de l’EDSM-VII,  18% des hommes sont victimes de violences physiques de 2023 à 2024 et 32 % des femmes en sont également victimes. Il a mentionné que 38% des femmes sont victimes de violences conjugales au Mali. À ses dires, concernant le mariage d’enfant,  49 % des femmes ont été mariés avant d’atteindre les 18 ans et également 14 % sont mariées, avant d’atteindre les 15 ans. Selon lui, 70 % des filles âgée de 14 ans sont mutilés.

Le représentant de l’Unicef au Mali, M. Pierre Ngom a fait comprendre  que cette année, la campagne met l’accent sur la violence numérique envers les femmes et les filles, une forme de violence en expansion rapide, amplifiée par les nouvelles technologies et difficile à encadrer juridiquement. Le représentant de l’Unicef au Mali estime que les violences en ligne réduisent au silence, isolent et fragilisent les femmes, limitant leur participation à la vie publique ainsi que leur accès aux opportunités sociales, éducatives, économiques et politiques. Il a expliqué que  l’espace numérique donne aujourd’hui naissance à de nouvelles menaces : abus d’images, deepfakes, désinformation sexiste, harcèlement coordonné et traque numérique. Selon M. Pierre Ngom, les données disponibles montrent que la violence numérique touche entre 16 % et 58 % des femmes et des filles selon les contextes. Elle est également liée à des violences hors ligne, y compris des féminicides. Au Mali, à ses dires, malgré l’existence d’une loi sur la cybercriminalité, le cyberharcèlement reste courant, notamment contre les influenceuses et créatrices de contenus. C’est pourquoi, il a précisé que les 16 Jours d’activisme ne constituent pas une fin en soi, mais un point de départ vers des actions concrètes et durables.

La ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo a fait comprendre que 117 pays ont déclaré, agir contre les violences numériques, mais toutefois ces efforts restent dispersés face à un phénomène transnational. Elle a noté qu’à l’heure des technologies et de la communication, si les plateformes en ligne offrent de multiples opportunités de connexion, de libre expression, d’autonomisation pour les femmes et les filles, cependant, les réseaux sociaux représentent également pour elles un risque d’harcèlement, de discrimination, d’exclusion, de menace ou abus à travers la manipulation,  l’utilisation d’image intime pour faire le chantage, des discours de haine, entre autres.

La ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille n’a pas manqué de rassurer que le Gouvernement continuera à mener les reformes politique, institutionnelle et juridique et de mobiliser les acteurs pour intensifier la communication sur la prévention et la réponse basée sur le genre y compris celle produite en ligne.

Abdallah SANOGO

Source : La Rédaction

Last Updated on 04/12/2025 by Ousmane BALLO