Crise énergétique : L’électricité de plus en plus rare dans les foyers

à la une Accueil Actualités Au Mali Flash infos Infos en continus Société

Le Mali traverse actuellement l’une des pires crises de son histoire en matière de fourniture d’électricité. Dans certaines zones, l’électricité peut être absente toute une journée. Ces coupures incessantes deviennent de plus en plus fréquentes ces derniers temps. La situation, qui s’était notablement améliorée sous la direction de l’ancien responsable de l’EDM avec une moyenne de 12 heures d’approvisionnement électrique par quartier, est désormais désastreuse. Plusieurs quartiers ne reçoivent plus que 3 à 6 heures d’électricité par jour depuis quelques semaines.

Les témoignages des citoyens mettent en lumière les graves conséquences de cette crise sur leur quotidien et leurs activités économiques. Aïssata, une commerçante spécialisée dans les produits cosmétiques de luxe, partage son expérience : elle explique que la chaleur abîme ses produits, nécessitant une ventilation constante ou même un stockage au réfrigérateur. Avec le manque d’électricité, elle doit utiliser un ventilateur rechargeable qu’elle peine à charger complètement. Elle déplore également des pertes financières importantes, car la pauvreté a déjà réduit le nombre de clients et ses marchandises se détériorent rapidement.

Parfois, elle se voit contrainte de placer ses produits sous le toit de sa maison pour profiter de la fraîcheur nocturne. Mariam appelle les autorités à trouver une solution rapide à ce problème. Alimata, vendeuse de poisson, fait écho à ces plaintes. Le poisson étant hautement périssable, le manque d’électricité empêche sa conservation au frais. Avec seulement 3 heures d’électricité par jour, elle ne peut plus obtenir suffisamment de glace pour préserver ses stockages, ce qui a fortement limité son activité.

Elle déclare qu’elle achète désormais moins de poisson et redoute d’avoir à abandonner son commerce si la situation persiste. Sylla, soudeur, insiste sur l’impact dévastateur de ces coupures sur son métier, qu’il considère comme l’un des plus affectés. Les interruptions ont lieu principalement durant les heures ouvrables, ce qui le contraint parfois à travailler tard dans la nuit ou tôt le matin, des horaires peu pratiques et peu productifs. Pour certains de ses collègues qui ne peuvent pas acheter de générateurs, cette crise est insurmontable.

Sylla connaît même un soudeur qui a dû abandonner son métier pour chercher fortune dans l’orpaillage, incapable de subvenir aux besoins de sa famille ou de payer son loyer. Il souligne que l’électricité fait vivre des millions de Maliens et réclame une réponse urgente des autorités. Aliou, soudeur, a exprimé son profond désarroi face à la situation des professionnels comme lui. Il déplore l’état des coupures d’électricité, qui persiste privant de nombreux Maliens d’un accès stable à cette ressource essentielle.

Selon lui, ces interruptions généralisées dans la capitale l’obligent à sous-traiter certains travaux auprès d’amis disposant de sources d’énergie alternatives à EDM. Cette situation représente une perte financière importante, car il aurait normalement pu fabriquer plusieurs portes et fenêtres par jour, permettant à ses collaborateurs de subvenir quotidiennement à leurs besoins. Désormais, ils se limitent à de petits travaux par manque d’électricité durable. Pour Aliou, l’urgence n’est pas la tenue des prochaines élections mais plutôt la fin de ce véritable calvaire lié au déficit énergétique.

Il affirme que chaque espoir d’amélioration semble anéanti par un nouvel épisode de dégradation. De son côté, Karamoko, tailleur, partage les impacts négatifs des coupures sur son activité. Ces interruptions ont souvent conduit à des conflits avec ses clients, incapables de recevoir leurs vêtements à temps pour des évènements tels que les mariages. Ses machines à coudre nécessitent de l’électricité pour fonctionner, mais il doit désormais recourir à des équipements anciens, ce qui limite la qualité et le type de production à des modèles simples non brodés.

Malgré ces efforts, ses revenus suffisent tout juste à payer la location de son atelier. Il redoute les périodes festives à venir, notamment le Ramadan dans environ deux mois, qui constituent traditionnellement une opportunité majeure pour les tailleurs. Dans ses mots, si rien ne change d’ici là, leur situation pourrait s’aggraver davantage. De l’évidence, le manque d’électricité perturbe les activités de plusieurs citoyens. Dans certains quartiers comme Niamana et Sirakoro, des habitants affirment qu’ils ne reçoivent même plus d’électricité.

Abdallah SANOGO

Source : La Rédaction du Mali

Last Updated on 22/11/2025 by Ousmane BALLO