Le Général d’Armée Assimi Goïta interpellé
La campagne agricole 2025-2026 constitue aujourd’hui une préoccupation essentielle pour de nombreux paysans qui n’arrivent pas à mettre la main sur l’engrais subventionné, par la faute des prédateurs et leurs complices faisant planer le doute et l’incertitude sur l’issue de cette campagne. En effet, les paysans maliens ne dorment plus que d’un œil, à cause de ce problème à éternel recommencement sapant les efforts colossaux consentis par le Président du Conseil Supérieur de l’Agriculture, le Général d’Armée Assimi Goïta, les membres du Gouvernement dirigé par le Général de Division Abdoulaye Maïga, les acteurs et les partenaires du monde de l’agriculture.
Lors du point de presse la semaine dernière sur le suivi-évaluation de la campagne agricole 2025-2026, le président de la Confédération des Sociétés Coopératives des Producteurs de Coton, M. Yacouba Traoré s’est dit plus que jamais inquiet quant à la possibilité de pouvoir sauver encore la campagne cotonnière en cours, tant de graves manquements sont constatés dans la fourniture d’engrais aux producteurs. M. Traoré a secoué l’ensemble des parties prenantes présentes à cette conférence en ces termes qui font froid dans le dos : « Désolé de le dire, mais je me demande comment sauver la campagne, car à ce jour, plus de 800 Coopératives de Koutiala n’ont à ce jour reçu pas un seul sac d’engrais ».
Qu’en est-il des autres localités comme Kadiolo et Bougouni ? Il ressort clairement de ses explications que des cotonculteurs qui ont effectué les semis depuis le 20 mai dernier n’ont pu encore à ce jour avoir un seul sac d’engrais pour pouvoir aider le cotonnier à se développer. « Pour ceux qui ne savent pas, le cotonnier a besoin d’engrais dans les 15 jours qui suivent le semis, sans quoi tout est foutu. En effet, comment récupérer ces champs-là aujourd’hui plus de deux mois après les semis ? », a-t-il précisé. Même si cette situation, plus que jamais préoccupante, venait à être résolue, il serait extrêmement difficile d’atteindre l’objectif visé par la campagne agricole 2025-2026, malgré les efforts consentis par les plus hautes autorités et les partenaires.
Il ressort des données que certains fournisseurs se sont montrés défaillants. Reconnaissant cette situation qui constitue un coup dur pour les paysans, le 25 juin dernier, le ministre de l’Agriculture avait expliqué ce qui suit : « cette campagne ne sera prise en otage par personne. Nous veillons au grain pour qu’elle soit exécutée à la lettre comme convenu. Le Gouvernement et la CMDT assumeront pleinement le retrait de certains fournisseurs d’intrants, et très prochainement, la CMDT lancera un nouvel appel d’offres pour remplacer ces fournisseurs défectueux ».
Il n’avait pas manqué de remercier les plus hautes autorités de notre pays, notamment le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, et le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, qui accordent une attention particulière au secteur agricole et gardent un regard constant sur les activités menées dans ce secteur, qui emploie plus de 70 % de la population active de notre pays. Le Président Directeur Général (PDG) de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), M. Kouloumégué Dembélé avait fait savoir que certains contrats ont déjà été résiliés faute de capacité d’exécution.
Quant à Yacouba Traore, il trouve qu’il est temps qu’on sorte de ce genre discours, convaincu que des fournisseurs se montreront défaillants encore dans les années à venir, tant que l’impunité restera le maitre mot dans ce domaine. « On ne peut se permettre un tel gâchis et s’en tirer à bon compte, au regard des conséquences qui en découlent. En effet, plus de 33 000 hectares de coton sont menacés dans la zone de Koutiala, faute d’engrais, sans compter les autres zones comme Kita. Si être responsable c’est également sévir, alors on doit sévir contre ces fournisseurs qui causent du tort aux paysans », a-t-il précisé.
Selon lui, on ne peut convenir à tous les niveaux que l’agriculture constitue le moteur de développement du Mali et que la sécurité alimentaire est la deuxième priorité nationale et ne pas prendre cela au sérieux. M. Traoré pense que le Mali ne peut se permettre de perdre une nouvelle fois sa place dans le concert des grandes nations cotonnières d’Afrique. Quel gâchis pour des intérêts sordides, dans un pays où il est dit de façon solennelle que la souveraineté alimentaire constitue la ligne directrice de la Politique de Développement Agricole (PDA). Ce qui est sûr et certain, il s’agit là d’un coup dur pour notre pays plus que jamais décidé et déterminé à mettre fin aux mauvaises pratiques du passé.
En droite ligne de la dynamique amorcée, impliqués dans des affaires de malversation, déjà plusieurs fossoyeurs sont en prison. Il est inadmissible que des vampires ‘’marmitologues’’ tapis dans l’ombre, pour des intérêts personnels, se permettent de porter des coups durs à cela. Il urge d’ouvrir une enquête pour situer les responsabilités et envoyer les coupables et leurs complices devant la Cour d’Assises. Il s’agit vraiment là d’une situation inadmissible et inacceptable. Ce qui est sûr et certain, le Président du Conseil Supérieur de l’Agriculture, le Général d’Armée Assimi Goïta ne saurait fermer les yeux sur les situations du genre qui tirent notre pays vers le bas.
En effet, connu pour sa rigueur quand il s’agit des questions d’intérêt national, le Président de la Transition, le Général d’Armée doit sévir. Les regards restent donc braqués sur lui, en attendant que des sanctions à la hauteur des crimes commis !
Tougouna A. TRAORE
Source : La Rédaction du Mali
